Il existe déjà deux autoroutes ferroviaires en Europe, comme celle-ci entre le Luxembourg et Perpignan.
Il existe déjà deux autoroutes ferroviaires en Europe, comme celle-ci entre le Luxembourg et Perpignan. © MaxPPP / HECKLER Pierre

Le secrétaire d’Etat aux transports l’a annoncé ce jeudi 30 avril, l’Etat ne signera pas le contrat. Le projet d’autoroute ferroviaire Atlantique, entre le Nord-Pas-de-Calais et les Landes, trop coûteux, est abandonné.

La nouvelle autoroute ferroviaire, entre le Nord-Pas-de-Calais et Tarnos dans les Landes, devait voir le jour au début de l’année 2016. Elle devait permettre de déplacer plus de 85.000 poids lourds de la route vers les rails et de réduire les émissions de CO2 de 100.000 tonnes. Finalement, le gouvernement juge le projet trop cher et pas assez rentable. Tout est abandonné. C’est le secrétaire d’Etat en charge des transports, Alain Vidalies, qui l’a annoncé ce jeudi 30 mai, sur France Bleu Gascogne :" Je vous informe que l’Etat ne signera pas le contrat pour la mise en œuvre de cette autoroute ferroviaire."

Alain Vidalies, secrétaire d'Etat en charge des transports

Le projet n’est pas assez équilibré sur le plan du financement.

Le dossier avançait pourtant bien ces derniers temps. Un pré-contrat avait même été signé en mars 2014, entre l’Etat et la société VIIA Atlantique, filiale de la SNCF. Une enquête publique était en cours pour consulter les riverains, révélant, d’après Alain Vidalies, que le gouvernement n’avait "pas assez pris en compte les conséquences en matière d’environnement sur le milieu local, le projet était donc d’autant plus fragilisé sur le plan juridique". Mais c’est bien le coût du projet, qui pose vraiment problème.

Une rentabilité négative d’après le conseil général de l’investissement

Le dossier n’est pas assez solide, estime aujourd’hui le secrétaire d’Etat en charge des transports. "Le dossier avait reçu un avis négatif de conseil général de l’investissement", rappelle Alain Vidalies, qui constatait que ce projet supposait 375 millions d’euros de financement public et il avait donc relevé que le projet avait une rentabilité négative. "Il y a de gros risques pour l’Etat", conclut-il. D'où cette décision d'annuler purement et simplement le chantier, provoquant le bonheur des riverains. "Notre joie est immense" clame une habitante de Tarnos sur Twitter.

Un projet qui faisait débat, aussi, à l'intérieur même du parti des Verts

C'était un progrès pour les uns, une aberration pour les autres. Barbara Pompili, député EELV de la Somme est par exemple "abasourdie par cette décision". A l’inverse François-Michel Lambert, député vert des Bouches du Rhône se félicite. "C’était coûteux et ça ne répond par l’enjeu. C’est une solution qui a été abandonnée partout ailleurs, il ne fallait pas lancer un chantier pareil en 2015." Mais alors quelle solution pour le parlementaire ? "Le ferroviaire devra être une partie de la réponse mais intégré dans une approche plus globale, explique-t-il. Par exemple coupler le retour de l’écotaxe avec une amélioration des voies ferroviaire et c’est à ce moment là que les marchandises retourneront sur le rail."

François-Michel Lambert, député EELV des Bouches du Rhône

Il faut coupler le retour de l’écotaxe à une rénovation des voies ferroviaires.

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