Avec les autres actionnaires d'Alstom, Bercy s'est prononcé contre la rémunération de Patrick Kron, qui a quitté l'entreprise en janvier dernier. Un chèque qu'il a déjà encaissé.

Patrick Kron est désormais directeur chez Sanofi
Patrick Kron est désormais directeur chez Sanofi © Maxppp / Vincent Isore

Après Carlos Ghosn, Patrick Kron. Le vote n'est que consultatif, mais caractéristique de l'époque qui a poussé le gouvernement à légiférer sur la question. Les actionnaires d'Alstom réunis mardi en assemblée générale ont décidé de se prononcer contre  la rémunération de l'ancien PDG du groupe, qui a quitté l'entreprise en janvier dernier. Un important chèque lui était promis, notamment après la fusion avec General Electric, un chèque que l'État voudrait le voir rembourser.

Pour Bercy, Patrick Kron n'a en effet pas respecté la doctrine de l’État, et n'a fait aucun effort sur sa rémunération depuis 2013. C'est pour ça qu'on a voté contre, assure-t-on du côté du ministère. En 2014, l'exécutif s'est fixé des règles. Parmi elles, celle de s'opposer aux rémunérations de patrons lorsque ces derniers ne consentent pas à baisser leur salaire de 30 %. Or l'ancien PDG d'Alstom n'a jamais  pris ce principe en considération.

Les syndicats d'Alstom se sentent toujours trahis

Pas question pour l’État de le laisser partir sans rien dire avec son chèque, notamment ces 4,5 millions d'euros promis dans le cadre de la cession d'une partie d'Alstom à General Electric, cession controversée à l'époque et qui n'aurait pu se faire sans l'accord du gouvernement.

En échange de cet accord avec l'Américain, l’État avait négocié son entrée dans le conseil d'administration de l'entreprise pour en devenir l'actionnaire principal.

Un attitude héroïque ? Pas vraiment, pour les syndicats d'Alstom qui dénoncent une décision un peu trop symbolique. "Le gouvernement veut aujourd'hui se donner bonne conscience" estiment-ils. Pour eux, plus que le salaire de l'ancien PDG, c'est l'opération permise par l'exécutif à l'époque qui choque. "Ils ont permis le démantèlement du groupe", explique un délégué syndical. "Aujourd'hui, ils paient le prix de la trahison".

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