[scald=60925:sdl_editor_representation]par Emmanuel Jarry

CANNES, Alpes-Maritimes (Reuters) - Sonnée par la crise de la dette grecque, l'Europe de la monnaie unique a bataillé deux jours durant au sommet du G20, à Cannes, pour convaincre les autres puissances économiques membres de ce forum qu'elle restait un partenaire solide.

A l'issue du sommet, vendredi, le verre apparaissait à moitié plein pour Nicolas Sarkozy, président en exercice du G20, et pour la chancelière allemande Angela Merkel, qui a mené cette bataille au côté du chef de l'Etat français.

Si les autres grandes économies de la planète ont affiché leur soutien de principe, aucun ne s'est engagé à ce stade à venir financièrement au secours des Européens endettés.

De même, le G20 s'est engagé à augmenter les moyens d'action du Fonds monétaire international (FMI) en reconnaissant la gravité de la crise mais ne s'est pas accordé sur les modalités de ce renforcement, dont l'examen est renvoyé à une réunion au niveau des ministres des Finances, en février.

D'ici là, l'Europe devra faire face avec la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds européen de stabilité financière (FESF), dont la capacité pourrait être renforcée par l'apport des droits de tirage spéciaux (DTS) des pays de la zone euro au FMI, a dit Nicolas Sarkozy.

Le président français n'en a pas moins estimé, lors de la conférence de presse de clôture du sommet, que l'Europe avait "tout mis en oeuvre pour apporter une réponse crédible à la crise".

SOUS SURVEILLANCE DU FMI

"Il était essentiel que l'Europe arrive unie au G20", a souligné Nicolas Sarkozy, qui s'est réjoui de l'abandon par le Premier ministre grec, George Papandréou, de son projet de référendum sur le plan européen de sauvetage financier de son pays, sous la menace de se voir privé d'aide.

L'attention se tourne maintenant vers l'Italie, qui fait figure de suivant sur la liste, avec une dette représentant 120% de son PIB et un gouvernement à l'agonie.

Le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, s'est engagé à réduire fortement ce ratio à partir de 2012 et à ramener l'Italie à l'équilibre budgétaire en 2013.

Mais si Nicolas Sarkozy a salué vendredi ses efforts, le déficit de crédibilité de l'actuel gouvernement italien est tel que le président français et la chancelière allemande ont tenu à s'assurer du sérieux de ses engagements lors d'une réunion vendredi matin à Cannes.

Pour garantir le sérieux de ses intentions, Rome a dû accepter que la Commission européenne et le FMI certifient sur une base trimestrielle" les résultats des réformes entreprises.

"Les dirigeants européens comprennent qu'en fin de compte, ce que les marchés attendent, c'est un signal fort montrant que l'Europe est derrière l'euro", a déclaré un Barack Obama omniprésent, qui s'est montré très attentif à l'évolution de la situation dans la zone euro.

PAS ENCORE DE TAXE SUR LES TRANSACTIONS FINANCIÈRES

Signe de l'inquiétude des dirigeants du G20, qui redoutent un effet de contagion dévastateur pour l'économie mondiale, le président américain a participé jeudi soir à un mini-sommet des pays de l'euro présents à Cannes et eu deux tête-à-tête en deux jours avec Nicolas Sarkozy.

La crise de la zone euro et ses conséquences ont éclipsé les dossiers érigés en priorité par la présidence française du G20, comme la réforme du système monétaire international.

Nicolas Sarkozy l'admettait à demi-mot vendredi après-midi, lors de la conférence de presse de conclusion du sommet, en réponse à une question sur la déception des Organisations non gouvernementales (ONG).

"Que les ONG soient déçues je le comprends", a-t-il dit. "On a tellement parlé dans les médias de la crise qu'on a moins parlé de la pauvreté dans le monde (...), de la nécessité du développement, et je partage avec elles cette déception."

"Pour autant, sur le fond des choses, ça a progressé", a ajouté le président français, qui s'est ainsi félicité de la prise en compte, pour la première fois, de la nécessité d'un "socle social minimum".

Le président français n'a en revanche pas convaincu ses partenaires de doter le G20 d'un secrétariat permanent.

Il devra se contenter d'une institutionnalisation de la "troïka" à laquelle la France appartiendra en 2012 en tant qu'ancienne présidente, au côté du Mexique, qui lui succède, et de la Russie, dont ce sera ensuite le tour.

Il doit également se contenter de la "disponibilité" de Barack Obama à envisager une contribution du secteur financier à la résolution de la crise.

"Ça ne va pas jusqu'à une taxe sur les transactions financières", a regretté Nicolas Sarkozy, qui n'est suivi pour le moment sur cette question, en dehors de l'Allemagne, de l'Espagne et de la Commission européenne, que par une poignée de pays émergents - Argentine, Brésil, Afrique du Sud - ainsi que par l'Ethiopie et l'Union africaine.

Avec Jean-Baptiste Vey, édité par Yann Le Guernigou

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