Le club des pays les plus riches change de visage, avec l'arrivée de l'Inde dans le Top 5, juste derrière l'Allemagne et le Japon. Mais que cache ce glorieux palmarès ? Des progrès indéniable dans le deuxième pays le plus peuplé au monde, et des inégalités toujours criantes.

En Inde, l'accès aux soins médicaux reste très inégalitaire : coûteux pour les plus pauvres, très difficile dans les régions rurales.
En Inde, l'accès aux soins médicaux reste très inégalitaire : coûteux pour les plus pauvres, très difficile dans les régions rurales. © AFP / DIPTENDU DUTTA

Le dynamisme de la croissance a globalement enrichi les Indiens

Les efforts de rigueur, d’ouverture et de transparence mis en œuvre par l’Inde depuis les années 1990 ont enfin payé. Ils placent en effet l’économie du géant asiatique (son produit intérieur brut en dollars courants) en cinquième position mondiale, devant la France et la Grande-Bretagne. C’est la fin d’un quasi monopole des économies développées sur la World Economic League Table – le classement annuel des pays les plus riches –, où seule la Chine côtoie les États-Unis, l’Allemagne, le Japon et, selon les années, la France ou la Grande-Bretagne.

Le PIB par habitant a presque doublé en vingt ans, porté par la croissance économique. Le fruit d’une ouverture du système économique, avec une modernisation de la législation sur les affaires (ventes aux enchères des licences d’exploitation pour les matières premières par exemple) et une simplification administrative (taxe unique sur les biens et services, dans un pays très décentralisé…). 

L’OCDE estime que la croissance a permis à 140 millions d’Indiens de sortir de la pauvreté en moins d’une décennie.

Parce que son économie était prospère, l’Inde a pu se doter de programmes sociaux ambitieux : subventions sur les prix des produits alimentaires, de l’énergie et des engrais, “garantie de l’emploi” en zone rurale.

Faute d’équilibre régional et fiscal, la croissance ne profite pas à tous

L’accession de l’Inde au club des pays les plus riches ne signifie pour autant pas que cette richesse est partagée.

Près de 20 % des Indiens, dans le deuxième pays le plus peuplé au monde, n’ont toujours pas accès à l’électricité (en 2016, l'Inde se classait au 88e rang sur 138 pays en termes de qualité de l'approvisionnement en électricité, rapporte le Forum économique mondial). Avec de fortes disparités selon les régions, comme pour l’assainissement. Sur ce terrain, la modernisation des relations avec de l’Inde avec ses États fédérés, qui leur donne "des moyens d’expérimenter des politiques publiques et de les adapter aux besoins locaux", précise l’OCDE, n’a pas encore payé. 

Autre facteur d’inégalité, le reste à charge des patients constitue toujours l’essentiel des dépenses de santé en Inde, où la contribution publique ne représente que 1% du PIB (7% en moyenne dans l’OCDE) quand le budget total atteint 4% (contre 9,3%). En d’autres termes, on se soigne si on en a les moyens. Mais aussi, si l’on vit en ville : les professionnels de la santé ne sont pas assez nombreux en Inde, et ce besoin est particulièrement criant dans les campagnes. The Lancet estime que, en 2015, 80% des postes étaient non pourvus dans les services ruraux. 

Malgré une volonté louable exprimée en 2014, le gouvernement indien n’a pas à ce jour augmenté les ressources affectées à la santé.

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