Matteo Renzi
Matteo Renzi © Matteo Renzi © XianPix/Corbis - 2014

L'Italie ne réussira pas aussi rapidement que prévu sa sortie de crise. Pour la troisième fois en moins de dix ans, le pays se retrouve en état de recession. Son produit intérieur brut a baissé de 0,2% au deuxième trimestre, par rapport au précédent. L'institut de statistique Istat constate que trois secteurs de l'économie italienne ont plus spécialement été touchés : l'industrie, les services et l'agriculture.

L'Italie était sortie de la récession en fin d'année 2013 avec une hausse de 0,1% du produit intérieur brut. Mais le PIB avait reculé de 1,9% sur l'ensemble de l'année. Elle n'a donc connu qu'un seul trimestre de croissance depuis le milieu de l'année 2011.

Les explications à Rome de Marie Duhamel :

2 000 milliards d'euros de dette publique

C'est un coup dur pour la troisième économie de la zone euro. Une mauvaise nouvelle surtout pour le gouvernement de Matteo Renzi. Le premier ministre italien comptait beaucoup sur un retour à la croissance pour boucler son budget, lutter contre le chômage mais surtout réduire la dette publique. Elle s'élève actuellement à plus de 2 000 milliards d'euros. Pour y faire faire, Matteo Renzi a annoncé des réformes ambitieuses du marché du travail et de la fiscalité devant favoriser la croissance. Elles doivent aussi s'accompagner d'une réforme de la Justice, une simplification des procédures administratives et une simplification du système parlementaire.Mais ces promesses n'ont pas encore été suivies d'effet à l'exception d'un allègement fiscal de 80 euros par mois pour plusieurs millions de foyers à bas revenus.

"Le pays doit se réformer tout seul"

Des experts financiers notent que pour réussir, l'Italie a absolument besoin de "stabilité politique". Or, l'approbation de la nouvelle loi électorale italienne n'est qu'à mi-chemin et la réforme du sénat pourrait encore se poursuivre pendant un an. C'est la troisième fois en moins de dix ans que l'Italie est confronté à ce recul de son économie. Le ministre de l'Economie, Pierre Carlo Padoan, a toutefois affirmé dans la presse italienne que le seuil des 3% de déficit par rapport au produit intérieur brut "ne sera pas dépassé en 2014, ni en 2015". Toutefois pour le ministre, il n'est "absolument pas question" que des experts de l'Union européenne, du FMI ou de la banque centrale européenne viennent reprendre les rênes des finances italiennes : "le pays doit se réformer tout seul et il est en train de le faire. Nous devons le faire encore plus vite".

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