[scald=60681:sdl_editor_representation]CANNES, Alpes-Maritimes (Reuters) - L'abandon du projet de référendum grec et des engagements de l'Italie à remettre en ordre ses finances ont permis vendredi au sommet du G20, à Cannes, de se tourner vers d'autres sujets que la crise de la zone euro, comme les marchés des matières premières et la gouvernance économique mondiale.

Mais celle-ci reste au coeur des préoccupations des dirigeants des principales puissances économiques de la planète, qui redoutent un effet de contagion qui ruinerait leurs efforts pour tenter de relancer la croissance mondiale.

Les dirigeants du G20 cherchent notamment le moyen de renforcer les moyens d'intervention du Fonds monétaire international (FMI).

Les mini-sommets sur la crise de la zone euro, qui a pris le pas sur les autres priorités du G20, se sont enchaîné à un rythme élevé ces dernières 48 heures à Cannes.

Signe de la préoccupation des partenaires de l'Europe, le président américain Barack Obama a participé jeudi soir à l'un d'eux et a eu vendredi matin un deuxième entretien bilatéral en 24 heures avec son homologue français, Nicolas Sarkozy.

L'abandon par le Premier ministre grec George Papandréou de son projet de référendum sur le plan de sauvetage financier de la Grèce a éloigné provisoirement le spectre d'une sortie de ce pays de la zone euro.

C'est l'Italie qui est désormais sous la pression de ses partenaires de la monnaie unique et du G20.

"L'Italie est tout un autre morceau que la Grèce", souligne un diplomate à propos de la troisième économie européenne.

Dans le projet de "plan d'action pour une croissance mondiale forte, durable et équilibrée" discuté à Cannes, l'Italie s'engage à s'approcher de l'équilibre budgétaire en 2013 et à réduire rapidement son ratio de dette publique par rapport au PIB (120% actuellement) à partir de 2012.

Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel se sont entretenus avec Silvio Berlusconi vendredi matin, avant la reprise des travaux du G20, en présence de représentants de la Commission et du Conseil européens, pour voir comment il entendait tenir ces engagements.

L'ITALIE SOUS SURVEILLANCE DU FMI

Le président du Conseil italien, politiquement fragilisé, n'a en effet pas réussi à faire adopter par son gouvernement des mesures anti-crises, à la veille du sommet de Cannes.

France et Allemagne sont en quête d'un dispositif à même de crédibiliser les engagements italiens sans froisser Rome - un dispositif qui passera par le FMI.

L'Italie a accepté que le FMI et la Commission européenne suivent la mise en oeuvre des engagements pris le 27 octobre à Bruxelles, au sommet de l'Eurogroupe, en matière de retraites, de marché du travail et de réformes structurelles. Une décision dont s'est réjouie Angela Merkel.

Dans leur projet de plan d'action, les dirigeants du G20 disent s'engager à veiller à ce que le FMI ait des ressources adéquates "pour remplir ses responsabilités systémiques" - c'est-à-dire, notamment, éviter les faillites en cascade de pays et d'établissements financiers.

Le projet de texte obtenu par Reuters ne donne cependant aucune précision sur les moyens d'y parvenir. Le renforcement des moyens du FMI est l'objet de discussions très techniques et un accord paraît difficile à atteindre, compte tenu notamment des réticences américaines.

Selon des responsables européens, plusieurs pistes sont examinées, dont la possibilité de regrouper les droits de tirages spéciaux (DTS) des pays de la zone euro dans un fonds destiné à soutenir les pays aux finances fragiles comme l'Italie ou l'Espagne - qui pourrait être le Fonds européen de stabilité financière (FESF).

Cette solution aurait l'avantage de ne pas créer de liquidités et éviterait à Barack Obama d'avoir à passer par le Congrès, lequel s'opposerait vraisemblablement à une augmentation pure et simple des dotations du FMI.

En revanche, quasiment aucun pays du G20 ne s'est engagé à abonder le FESF pour renforcer son pouvoir de levier, a déclaré la chancelière allemande.

Emmanuel Jarry, édité par Yann Le Guernigou

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