L'Organisation de coopération et de développement économiques anticipe que la croissance économique se redressera ensuite à 1,5% en 2013. Le taux de chômage se stabilisera à 10,3% en 2013 après avoir culminé à 10,4% fin 2012.

L'OCDE ne conteste pas les engagements français de réduction du déficit public: 5,7% du PIB fin 2011, 4,5% fin 2012 et 3% fin 2013. Mais pour atteindre 4,5% en 2012 un effort supplémentaire équivalent à 0,4% du PIB, soit environ 8 milliards d'euros, est nécessaire, dit-elle.

"Il n'est pas possible de compenser la faiblesse économique actuelle par de simples mesures discrétionnaires sans mettre en danger la note souveraine", prévient-elle au moment où la solidité de la note triple A de la France fait l'objet d'interrogations.

"Etant donné le net ralentissement déclenché par les problèmes non résolus de dette souveraine en Europe, la France est peut-être entrée dans une courte et légère récession", ajoute l'OCDE.

L'organisation souligne que la forte exposition des banques françaises aux pays en difficulté financière "est devenue une source d'incertitude croissante" et a contribué à la hausse de l'écart de rendement entre les dettes souveraines française et allemande.

Ce "spread" entre les dettes française et allemande à 10 ans a bondi ces dernières semaines, passant d'environ 40 points de base fin juin à environ 80 début octobre et plus de 150 désormais, après avoir dépassé 200 points de base et.

"LA CONTAGION A ATTEINT LA FRANCE"

"La contagion ayant atteint la France, les coûts d'emprunt plus élevés affecteront l'ensemble de l'économie", poursuit l'OCDE.

L'organisation, qui table sur une croissance de 1,6% en 2011, estime que "l'économie française a probablement calé au quatrième trimestre" du fait de l'effondrement de la confiance, confiance qui mettra du temps à être rétablie si une réponse définitive à la crise européenne n'est pas trouvée.

Dans ce contexte, "le risque d'une hausse du chômage structurel est significatif", poursuit-elle.

Contenue par la conjoncture économique morose, l'inflation devrait reculer à 1% en 2013.

La majorité du redressement budgétaire doit passer par une réduction des dépenses, estime l'OCDE.

La contrainte des dépenses doit s'appliquer à tous les échelons publics et les dépenses les moins efficaces doivent être réduites. Fusionner des communes et supprimer les départements serait une source d'économies importantes, ajoute-t-elle.

Des sommes considérables peuvent être dégagées en réduisant la fréquence et la durée des séjours à l'hôpital, le remboursement des médicaments les moins efficaces et en modifiant les modalités de remboursement des consultations médicales, poursuit l'OCDE.

Le redressement financier doit s'accompagner de réformes structurelles pour accroître la croissance potentielle, ajoute-t-elle.

La charge fiscale sur le travail doit être réduite, les taxes environnementales et sur la propriété relevées et les barrières réglementaires abaissées pour accroître la concurrence, recommande l'OCDE.

Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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