File d'attente station de Harfleur
File d'attente station de Harfleur © Radio France / Eric Damaggio

Le ton monte entre les opposants à la loi Travail et le gouvernement. Plusieurs ministres accusent la CGT de prendre les Français en otage. La centrale syndicale promet de durcir le mouvement. Six des huit raffineries françaises sont perturbées ce lundi.

Ce week-end, quatre raffineries étaient déjà partiellement ou complètement à l'arrêt. Le mouvement contre la loi Travail s'est donc durci ce lundi dans le secteur pétrolier. Six raffineries sont à l'arrêt ou au ralenti.

Production de pétrole au ralenti

La prodution de carburant est affectée dans les raffineries Total de Donges (Loire-Atlantique), Feyzin (Rhône), Gonfreville-l'Orcher (Seine-Maritime) et Provence-la-Mède (Bouches-du-Rhône), tout comme dans la raffinerie Petroineos de la Lavéra (Bouches-du-Rhône), et celle de Grandpuits (Seine-et-Marne).

Plusieurs dépôts de carburants sont également touchés dans le Nord-Ouest et le Sud-Est de la France, que ce soit par une grève des salariés, ou un blocage à l'extérieur par des chauffeurs routiers.

Le dépôt de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) a été bloqué par environ 500 militants CGT dans la nuit de dimanche à lundi.

Le reportage d'Isabelle Dor.

Un mouvement de grève de 24 heures reconductible a par ailleurs été lancé ce lundi chez Fluxel, le gestionnaire des terminaux pétroliers de Fos-sur-Mer et de Lavéra. Ces deux ports pétroliers desservent directement les raffineries du complexe pétrochimique de l’étang de Berre (Petroinéos à Lavéra, Total à la Mède et Esso à Fos-sur-Mer), mais aussi par pipeline celles de Feyzin, dans l’agglomération lyonnaise.

Pénurie à la pompe

Les blocages de dépôts de carburants en cours depuis plusieurs jours créent des difficultés d'approvisionnement, en particulier dans le Nord-Ouest de la France. Pour faire le plein en prévision d'une éventuelle pénurie, de nombreux automobilistes se sont ainsi rués à la pompe, et certaines stations-service ont enregistré une consommation "trois fois supérieure à la moyenne " selon Laurent Michel, directeur général de l'Energie et du Climat au ministère de l'Environnement, cité par l'Agence France Presse. 1.500 des 12.000 stations du pays sont en rupture partielle ou totale de stock selon le Secrétaire d'Etat aux Transports Alain Vidalies.

Pourquoi les automobilistes se ruent à la pompe ? Le reportage de Béatrice Dugué.

On compte ce lundi soir une trentaine de stations-service en rupture de stock en Ile-et-Vilaine, de même qu'en Loire-Atlantique. La Vendée aussi commence à souffrir des difficultés d'approvisionnement. Dans la Sarthe, un tiers des stations ne peut plus fournir ses clients. Dans le Loiret, la préfecture a pris un arrêté limitant à 20 litres par véhicule léger l'achat de carburant. Les pompistes belges, eux, accueillent les automobilistes du Pas-de-Calais, de la Somme et même de la Seine-Maritime.

Le bras de fer continue entre syndicats et gouvernement

Michel Sapin, le ministre des Finances, a jugé ce lundi matin les blocages illégitimes, et accuse la CGT de prendre les Français en otage. Il a réaffirmé que le projet de loi Travail irait jusqu’au bout. Même son de cloche, et même expression chez la ministre du Travail Myriam El Khomri.

Au lieu de "l’écoute de ceux qui ne sont pas contents, on choisi de bomber le torse, de gonfler les muscles " a rétorqué le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez. "Il n’y a qu’une manière de débloquer la situation, c’est de retirer la loi Travail " a prévenu Emmanuel Lépine, responsable de la branche pétrole de la CGT.

Depuis Tel Aviv, en Israël, où il est en déplacement pour trois jours, Manuel Valls a affiché sa fermeté ce dimanche soir : le gouvernement va "continuer à évacuer un certain nombre de sites et notamment les dépôts ".

Manuel Valls : "J'en appelle à la responsabilité".

Ce lundi matin, les forces de l’ordre sont intervenues pour débloquer les accès au dépôt de carburant Total de Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme), qui était bloqué depuis six jours.

Vendredi, le gouvernement avait pourtant consenti à garantir le maintien régime dérogatoire des chauffeurs routiers sur les heures supplémentaires. Le Secrétaire d’Etat aux Transports Alain Vidalies a en effet promis, par courrier, aux syndicats de la branche transports, que ces heures supplémentaires continueraient d’être majorées de 25%, alors que la loi El Khomri veut abaisser le plancher à 10%.

Infographie grève raffineries
Infographie grève raffineries © Radio France / Visactu
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