L’association de consommateurs annonce porter plainte contre Western Union et MoneyGram pour "pratiques commerciales trompeuses". La Banque Postale est également épinglée. Avec 6,7% du montant envoyé, les frais français figurent parmi les plus élevés de l’Union européenne.

L'UFC-Que Choisir accuse Western Union d'appliquer des frais largement supérieurs aux prix du marché
L'UFC-Que Choisir accuse Western Union d'appliquer des frais largement supérieurs aux prix du marché © Getty / Paul Seheult/Eye Ubiquitous

Pour l’UFC-Que Choisir, c’est une "zone de non-droit". Avec 10 milliards d’euros envoyés en dehors de l’Union européenne depuis la France, les transferts d’argent entre particuliers représentent une manne considérable pour les sociétés spécialisées dans ces opérations. Faute de réglementation, elles en profitent pour faire appliquer des tarifs bien supérieurs aux prix du marché, et parfois peu lisibles.

De quels frais parle-t-on ?

Il s’agit des frais facturés par les banques ou par les sociétés type Western Union, MoneyGram ou Ria, spécialisées dans l’envoi d’argent vers l’étranger. Si ces frais sont encadrés pour des transferts d’argent à l’intérieur de l’Union européenne, ils sont totalement libres pour des sommes destinées au reste du monde.

Des tarifs élevés et disparates

D’après les comparaisons de l’UFC-Que Choisir, les frais appliqués par les banques ou les sociétés spécialisées en France, pour des transferts hors-Union européenne, atteignent 6,7% de la somme envoyée. Pour un transfert de 170€, le consommateur se verra donc facturer 11,50€ de frais.

Mais les tarifs varient du simple au double selon les destinations. Par exemple, un virement de 170€ vers l’Algérie coûte 9,5% du montant (environ 16€) contre seulement 5% (8€) pour le Maroc, pays voisin. De même, les frais pour un envoi vers le Vietnam sont 25% plus élevés qu’ailleurs en Europe.

D’après l’association, les tarifs français sont les deuxièmes plus chers du continent, loin derrière l’Allemagne, qui totalise le double, mais deux fois plus élevés qu’en Belgique. 

La Banque Postale, mauvaise élève ?

Si les banques appliquent généralement des frais moins élevés que les sociétés spécialisées, la Banque Postale est sévèrement épinglée par l’UFC. Alors que La Poste dispose de son propre service de transfert, la banque propose également une prestation en partenariat avec Western Union. Une prestation facturée parfois deux fois plus cher qu’en s’adressant directement à un guichet de Western Union !

Ces frais sont-ils illégaux ?

On est parfois à la limite de la régularité. L’UFC reproche aux établissements de facturer des frais de change sans les mentionner clairement. Au moins 110 millions d’euros de frais auraient été cachés aux consommateurs en 2017. L’association a donc déposé une plainte contre Western Union et MoneyGram pour "pratiques commerciales trompeuses".

Qui sont les victimes ?

Selon l’UFC-Que Choisir, la majorité des transferts d’argent concerne des envois entre proches (immigrés qui aident leur famille restée dans leur pays d’origine, parents qui aident leurs enfants partis étudier à l’étranger, etc.).

Pour l’association, ce sont les plus modestes qui sont les plus pénalisés. En effet, les frais sont dégressifs ; plus la somme envoyée est importante, moins les frais seront élevés. Ceux qui souhaitent envoyer une « petite » somme paieront donc le prix fort.

Quelles sont les solutions ?

L’UFC-Que Choisir conseille aux utilisateurs de se tourner vers de nouveaux acteurs en ligne (Transfertwise, Worldremit), moins chers (2,6% de frais, en moyenne) mais offrant des services plus limités. 

L’association appelle aussi les pouvoirs publics à créer "les conditions d’une concurrence salutaire" sur le marché des transferts d’argent, ainsi qu’une plus grande transparence. Actuellement, l’Union européenne planche sur une réforme qui devrait encadrer davantage les tarifs, mais les envois hors-UE ne seront toujours pas concernés. 

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