Michel Sapin
Michel Sapin © MaxPPP/Wostok Press/Sebastien Muylaert

Il ne passera sous la barre des 3 % qu'en 2017, et non pas en 2015 comme la France s'y était engagée. Lors d'une conférence de presse, le ministre des Finances Michel Sapin a annoncé une hausse du déficit, à 4,4 % du PIB cette année.

L'an prochain, l'objectif a donc été revu (lui aussi) à la baisse : il s'agira de ramener le déficit à 4,3% du PIB.

Alors que la France avait obtenu un délai de deux ans pour ramener son déficit à la limite européenne de 3%, à fin 2015, Michel Sapin a précisé que la France ne demandait "aucune modification des règles" européennes mais la prise en compte des réalités économiques, notamment une faible croissance et une faible inflation.

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Le gouvernement prévoit désormais une croissance du PIB de 0,4% en 2014 et de 1,0% en 2015.

Toutefois, malgré ce dérapage du déficit cette année (il s'élevait à 4,2% fin 2013) le gouvernement n'augmentera pas les impôts et mettra intégralement en oeuvre les baisses du coût du travail annoncées, selon le calendrier prévu.

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La France est tenue de revenir sous la barre des 3 % de déficit, c'est ce que lui impose l'Union européenne. Elle estime toutefois toujours que la situation exceptionnelle en France mais aussi en Europe justifie ce nouveau délai. Toutefois l'Union européenne sera très attentive au cas français, d'autant plus que c'est un Français qui sera notamment chargé de le surveiller.

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Du côté des économies, on maintient le cap

C'est le point positif de ces annonces : l'objectif de 21 milliards d'économies dans la dépense publique est finalement maintenu. Une semaine plus tôt, Michel Sapin estimait pourtant qu'on n'y parviendrait pas, à cause d'une inflation trop faible.

La maîtrise des dépenses est une nécessité et nous irons jusqu'au bout de l'objectif de 50 milliards d'économies prévues jusqu'en 2017, à commencer par les 21 milliards d'économies prévues pour la seule année 2015. Les deux milliards d'économies qui ne seront pas réalisés à cause de la faiblesse de l'inflation seront donc compensés.

Le budget pour 2015 doit être présenté le 1er octobre. On y trouvera plus de détails sur les "mesures complémentaires" permettant de faire de nouvelles économies.

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