Mario Draghi, Président de la BCE
Mario Draghi, Président de la BCE © MaxPPP/DPA/Wiktor Dabkowski

L'institution monétaire de Francfort a annoncé qu'elle suspendait un régime de faveur accordé jusqu'ici aux banques grecques, qui leur permettait d'emprunter de l'argent auprès de la BCE avec des garanties inférieures à ce qu'elle exige habituellement.

Ce durcissement intervient quelques heures après que le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, à l'issue d'une rencontre avec le président de la BCE, Mario Draghi, s'était déclaré convaincu que la BCE ferait "tout ce qu'il faut" pour soutenir les Etats membres le temps des négociations.

La Banque Centrale Européenne a appliqué, rigoureusement, son règlement

Depuis plus de deux ans, elle accordait une aide dérogatoire, exceptionnelle, aux banques grecques. Elle les refinançait, en acceptant en garantie des titres de dette grecque, pourtant classée en catégorie "junk bonds", en "obligations pourries".

L'aide fonctionnait ainsi : le gouvernement grec émettait de la dette. Les banques du pays l'achetaient, puis allaient les déposer à la BCE, pour obtenir de nouveaux financements. En échange, Athènes promettait de remplir les conditions du plan d'aide, l'austérité.

Mais depuis l'arrivée de Syriza au pouvoir, on a compris que les Grecs ne veulent plus voir un seul membre de la Troïka, sur son territoire. De facto, le plan d'aide est suspendu et, de manière mécanique, la Banque Centrale Européenne retire son aide dérogatoire. Elle aurait pu accepter d'attendre un peu, d'attendre que les renégociations demandées par le nouveau gouvernement grec aboutissent - Athènes vise la fin juin -, elle ne l'a pas fait.

Quelles conséquences ?

Jeudi soir, la Grèce a fait savoir que cette décision n'aura "de répercussions négatives" sur ses banques. On peut en douter. Ce qui est vrai, c'est que d'autres mécanismes d'aides subsistent, notamment, une aide d'urgence, en cas de problème de liquidités. On dit, d'ailleurs, qu'elle a déjà été déclenchée depuis plusieurs semaines, alors que les retraits des banques grecques, avant et après l'élection d'Alexis Tsipras, se multiplient. La différence avec l'aide précédente, c'est que dans ce cas, c'est la banque centrale grecque qui donne l'argent, et c'est elle, et elle seule, qui en assume le risque.

Quel impact sur les négociations

Elles se poursuivent, mais avec une pression redoublée. Le rapport de force se tend un peu plus. Mais la tournée européenne des nouveaux dirigeants grecs le montre : ils sont prêts à négocier. A faire des concessions. Comme leurs partenaires européens. La BCE, elle,est moins souple.

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