Mario Draghi, le président de la BCE lors d'une conférence de presse à Francfort
Mario Draghi, le président de la BCE lors d'une conférence de presse à Francfort © Reuters

La Banque centrale européenne (BCE) sort l'artillerie lourde pour relancer les prix et le crédit en zone euro. L'institution a dévoilé ce jeudi de nouvelles mesures pour tenter de relancer l'inflation en zone euro et enrayer le spectre d'une croissance faible.

Son président, Mario Draghi, est allé plus loin que ce qu'on attendait, réjouissant les marchés.

Baisse du principal taux directeur à zéro

C'est une pemière : le Conseil des gouverneurs de la BCE réuni à Francfort a décidé de baisser le taux central, une référence pour le crédit en zone euro, de 0,05% à zéro. Cela signifie que les banques se refinancent sans frais auprès de la BCE , et logiquement devraient abaisser encore les taux qu'elles facturent à leurs propres clients qui s'endettent. Les deux autres taux, le taux de dépôt et celui de prêt marginal, passent à -0,40% et 0,25% respectivement.

Mario Draghi a ajouté que la BCE pourrait abaisser davantage ses taux, si cela s'avérait nécessaire. D'autant qu'elle a revu à la baisse ses prévisions de croissance et d'inflation pour 2016 et 2017. (L'institution ne prévoit plus qu'une inflation de 0,1% cette année, alors qu'elle tablait en décembre sur une hausse de 1,0% des prix.)

Muscler son programme de rachats de dettes

Depuis mars 2015, la BCE rachète sur les marchés de la dette, principalement des obligations émises par les Etats de la zone euro. Elle débourse à cette fin 60 milliards d'euros par mois. L'objectif est de faire baisser les taux d'emprunt et de stimuler les crédits pour les particuliers et les entreprises . À partir d'avril, elle rachètera jusqu'à 80 milliards d'euros de titres chaque mois, et ce jusqu'en mars 2017. Au total, ce sont donc 240 milliards d'euros de plus qui seront déversés sur le circuit financier. La palette des titres éligibles aux rachats de dettes a été élargie pour inclure des obligations émises par des entreprises de la zone euro.

Les bourses s'emballent

Toutes ces mesures vont au-delà des espérances des marchés. En quelques minutes les bourses européennes ont gagné, de 2,5% en Allemagne à plus de 3% à Paris, en réponse à la panoplie de mesures.

Mais cette stratégie de baisse des taux a ses limites. Jusqu'à présent, les effets des outils déjà déployés se font encore attendre. De plus en plus d'observateurs mettent en doute la capacité de la BCE à ramener l'inflation vers sa cible, et celle des banques centrales de manière générale à agir sur l'économie mondiale.

La BCE baisse ces taux
La BCE baisse ces taux © Idé
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