Face au risque d'une nouvelle crise, la banque des banques va débloquer 750 milliards d'euros de plus, un niveau inédit. Pour sa présidente Christine Lagarde, c'est nécessaire et il faudra peut-être même aller plus loin. "Quoi qu'il en coûte."

Vue extérieure de la Banque Centrale Européenne à Francfort
Vue extérieure de la Banque Centrale Européenne à Francfort © AFP / Frank Rumpenhorst/dpa

"À situation extraordinaire, action extraordinaire", tweete Christine Lagarde, la présidente de la BCE. "Il n’y aura pas de limite à notre engagement pour l’euro. La BCE utilisera tous ses outils. Et elle le fera tant que la phase critique de l’épidémie durera." Cette déclaration est on ne peut plus claire ; contrairement à celle, la semaine dernière, qui avait déçu les investisseurs. Cette fois, elle rappelle le "What ever it takes" (quoi qu’il en coûte) prononcé par son prédécesseur Mario Draghi pour calmer la crise de la dette en 2012.

Au total, plus de 1000 milliards d’euros

Concrètement, la Banque des banques va racheter massivement des obligations d’États et d’entreprises : 750 milliards d’euros qui s’ajoutent à une première enveloppe. En rachetant ces dettes d’État et d’entreprises, la BCE veut soulager les banques, relâcher la pression sur les taux d’intérêts de certains pays, comme la Grèce, l’Italie, mais aussi la France, dont les taux ont commencé à grimper ces derniers jours. Or ces États ont besoin d’emprunter massivement pour financer leurs plans d’urgence.

Le Trésor profite du geste de la BCE

Visiblement, l’effet bazooka fonctionne : car la France vient de réussir à lever jeudi matin 7,5 milliards d’euros de dette à moyen terme sur les marchés à des taux qui restent négatifs (Paris a placé 3,16 milliards à 3 ans à un taux de -0,43 % et 2,43 milliards à 5 ans à un taux de -0,22 %), selon un porte-parole de l’Agence France Trésor. Une bonne nouvelle pour le contribuable.

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