la cgt se dit prête à valider un projet de reprise de l'usine goodyear d'amiens-nord
la cgt se dit prête à valider un projet de reprise de l'usine goodyear d'amiens-nord © reuters

MONTREUIL, Seine-Saint-Denis (Reuters) - La CGT a fait mardi une ouverture pour sauver l'usine Goodyear d'Amiens-Nord, où près de 1.200 emplois sont menacés, et rejeté les critiques sur son dogmatisme supposé qui a creusé ces derniers jours le fossé entre les centrales syndicales.

La confédération, qui est ultra-majoritaire à Amiens-Nord (80%), se dit prête à valider un projet de reprise par Titan international si le groupe américain s'engage à poursuivre la production de pneus agricoles sur le site.

"Un simple engagement à maintenir les emplois ne peut suffire puisqu'il n'empêche pas de licencier", ont expliqué plusieurs dirigeants du syndicat lors d'une conférence de presse à son siège de Montreuil, près de Paris.

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, s'était auparavant engagé à reprendre le dialogue avec Titan, saluant les dernières déclarations du secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, sur ce dossier épineux.

Titan, qui a repris une partie des activités du producteur de pneumatiques dans le monde, avait renoncé en septembre 2012 à reprendre le site d'Amiens-Nord faute d'accord avec la CGT sur un plan de départs volontaires.

Le projet de fermeture de l'usine a été annoncé le 31 janvier, avant un nouveau Comité central d'entreprise prévu le 12 février.

Tant Thierry Le Paon, successeur désigné de Bernard Thibault au poste de secrétaire général de la CGT, que Carlos Moreira, responsable de la fédération des industries chimiques, et Mickael Wamen, délégué à Amiens-Nord, ont dénoncé mardi le "déchaînement politico-médiatique" contre la CGT depuis l'annonce de la fermeture.

Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a ainsi estimé que la CGT avait une position "dogmatique" et qu'elle portait "une responsabilité dans ce qui se passe", à parts égales avec la direction.

"HOLLANDE NE FAIT PLUS RIEN"

Des propos déplorés par Jean-Claude Mailly, le "patron" de Force ouvrière. "On ne peut pas rendre le syndicat responsable, même s'il a une position un peu dure, car ce n'est pas le syndicat qui a initié la fermeture de l'entreprise", a-t-il dit sur BFM business.

Mais tant le président François Hollande que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault ont laissé entendre que la centrale était responsable de tensions et qu'il y avait eu "des occasions perdues" à Amiens-Nord.

Pour la CGT, ces déclarations ne visent qu'à masquer l'incompétence et les méthodes de Goodyear, qui cumule les condamnations devant les tribunaux, ainsi que l'inertie du gouvernement, qui se contenterait d'un rôle de "facilitateur".

"Les ministres, ceux d'aujourd'hui comme ceux d'hier, semblent avoir le même comportement: celui de ne pas assumer leurs responsabilités, se contenant de jouer les 'entremetteurs', a dit Carlos Moreira, visant Arnaud Montebourg.

"Mettre en accusation les syndicalistes récalcitrants semble être devenu un nouvel exercice dans le pays. Il y aurait les bons et les mauvais", a-t-il ajouté.

"Le berger qui tient bien son troupeau en disant oui aux attentes du Medef serait quelqu'un de réaliste", a ironisé Carlos Moreira par allusion au dirigeant de la CFDT.

Pour Mickael Wamen, François Hollande "ne fait plus rien du tout" et ne tient pas ses promesses de candidat.

Pour le syndicaliste, le chiffre d'affaires de Goodyear a progressé de 30%, passant de 16 à plus de 20 milliards de dollars entre 2009 et 2012 et le groupe veut simplement se débarrasser d'une usine en France.

Selon lui, le fabricant a "transféré en coulisse l'essentiel de la production" d'Amiens-Nord vers d'autres sites en Europe.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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