La Commission européenne enquête sur des contrats publicitaires entre la ville de Montpellier et la compagnie aérienne Ryanair. La ville héraultaise a dépensé plus de 7 millions d'euros de publicité sur le site de la compagnie. Rien d'illégal... sauf s'il s'agit de subventions masquées.

Un avion de la compagnie Ryanair, ici à l'aéroport de Valence en Espagne
Un avion de la compagnie Ryanair, ici à l'aéroport de Valence en Espagne © AFP / JOSE JORDAN

C'est l'association Anticor34 qui lance l'alerte : selon elle, les collectivités locales de Montpellier et de sa région auraient fait acheter entre 2010 et 2013 pour 7,5 millions d'euros de publicités touristiques sur le site de la compagnie aérienne. En effet, l'association chargée de la promotion du tourisme de Montpellier a acheté des espaces publicitaires à AMS Airport Marketing, société basée dans le paradis fiscal de l'île de Man.

Or AMS est une filiale de Ryanair, dont la seule activité est de gérer la publicité apparaissant sur le site de la compagnie aérienne low-cost. En soi, la pratique n'a rien d'illégal, à une condition, selon Bruxelles : que cela ne soit pas une façon de subventionner Ryanair pour l'inciter à rester sur l’aéroport de Montpellier. Ou pire, de chantage : l'association de lutte contre la corruption soupçonne la compagnie aérienne de s'engager à maintenir la desserte de l'aéroport de Montpellier en échange de ces contrats publicitaires.

De son côté, Ryanair affirme que ces arrangements sont conformes aux règles européennes. Un avis que ne partage pas la Commission européenne : ces dernières années, Bruxelles a constaté les mêmes anomalies avec les aéroports de Nîmes, Pau et Angoulême en France, de Zweibrucken et Altenburg-Nobitz en Allemagne ou encore Cagliari, Olbia et Alghero en Italie. Dans le cas des trois aéroports français, Ryanair avait été condamné à rembourser un peu plus de 9 millions et demi d'euros.

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