Pas un secteur de France Télévisions ne trouve grâce aux yeux de la Cour des comptes qui reproche à l’entreprise de ne pas s’être suffisamment réformée entre 2009 à 2015

Le titre du rapport de la Cour des comptes est très parlant "Mieux gérer l’entreprise, accélérer les réformes"
Le titre du rapport de la Cour des comptes est très parlant "Mieux gérer l’entreprise, accélérer les réformes" © AFP / Joël Saget

S’il y a plusieurs façon d’examiner une situation donnée, le rapport de la Cour des Comptes sur France Télévisions a choisi très clairement le verre à moitié vide ou même totalement à sec si l’on en croit la sévérité avec laquelle les sages jugent la situation de l’entreprise publique, telle que l’a laissée Remi Pfimlin et même telle que Delphine Ernotte a commencé à la diriger.

La création de l'entreprise unique en mars 2009 n’a pas abouti à une diminution de postes suffisante, à des "synergies" en langage de la Cour de comptes alors que " la maîtrise des dépenses est impérative" écrit-elle et ce malgré deux plans sociaux. Des affirmations que Patrice Papet, qui a été le DRH de l'entreprise pendant la présidence Pfimlin, conteste. "Les objectifs fixés à l'entreprise ont été atteints et dépassés par France Télé", explique-t-il. Le nombre de postes permanents a été réduit, à 9 932 équivalents temps plein (ETP) selon la Cour. A 9 755 ETP selon l’ancienne direction de France Télévision qui rappelle que c’est exactement ce que le COM de France Télévision demandait, un détail que la Cour semble oublier.

L’entreprise est dans une "impasse financière et la seule issue passe par une réduction significative des charges"

Pour comprendre la situation financière de France Télé il ne faut pas oublier la suppression de la publicité après 20H imposée par surprise par Nicolas Sarkozy en 2008, ainsi que la baisse des dotations du début de la présidence Hollande en 2012, malgré les engagements pris. La Cour rappelle d’ailleurs que l’Etat participe du problème, car "le cadrage financier à moyen terme de l’entreprise s’est révélé erratique" et les orientations stratégiques "n’ont pas été suffisamment claires".

Le mécontentement des sages est à la fois coté programmes : la Cour des comptes a comparé les audiences du groupe TF1 et des chaînes de France Télévisions et reproche au service public "une baisse de l’audience entre 2008 et 2015, plus sensible que celle du groupe TF1". A cela, Patrice Papet répond que les programmes ont été profondement renouvelés et que les audiences se sont redressées en fin de parcours". Coté numérique, malgré le succès de France TV info, et les plateformes CultureBox et Pluzz, la Cour des comptes regrette que "France Télévisions ne se soit pas encore imposée comme un acteur majeur de l’environnement numérique".

C’est côté information que les magistrats de la rue Cambon montrent le plus de mécontentement

"Les rémunérations de base ont nettement augmenté entre 2013 et 2015", surtout pour les journalistes, depuis un accord collectif de 2013, note la Cour des comptes qui feint d’oublier que la fin de l’audiovisuel public a conduit chaque entreprise à négocier un accord qui ne pouvait pas conduire à baisser les salaires.

Coté effectifs, les rédactions employaient plus de 2.700 journalistes en 2015, et selon les sages ce secteur "est resté à l'écart des efforts de productivité". Et alors que la fusion des rédactions nationales était destinée, pour les sages, à réduire le nombre de journalistes, les effectifs ont progressé de 6 % sur la période étudiée, à 5 531 équivalents temps plein (ETP). Car si le nombre de CDI a diminué dans un premier temps, l’intégration d’un certain nombre de CDD, l’un des objectifs du COM, a fait repartir les effectifs à la hausse.

Journalistes toujours, la Cour, se demande si la récente création de franceinfo: n’aboutira pas à un "sérieux de dérapage financier" et demande à France Télévisions de "fournir sans tarder le coût complet de la chaîne"

Mais si les sages critiquent, ils ont également des préconisations et notamment celle-ci : fusionner le réseau de France 3, qui se trouve en région, avec celui des France Bleu, les radios locales de Radio France. L'objectif recherché est encore l'économie de personnel. Car aussi étonnant que ça puisse paraître, supprimer des emplois semble être pour la Cour des compte la solution à tous les problèmes.

La Cour des comptes veut-elle une seule et même voix dans tout le service publique, sur toutes les chaînes radio et télé ?

Pour Pascale Justice, présidente de la SDJ, la Société des Journalistes de la rédaction nationale France 3, les économies c'est organiser au mieux la partie technique, pas dans la suppression du pluralisme

► POUR EN SAVOIR PLUS | Lire le rapport de la Cour des comptes

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