Didier Migaud, président de la Cour des comptes
Didier Migaud, président de la Cour des comptes © MaxPPP

Ce n'est pas un best-seller, mais c'est l'un des ouvrages les plus attendus de l'année. La Cour des comptes a dévoilé aujourd'hui la version 2013 de son rapport sur la tenue des finances publiques. Verdict : il va falloir faire de "nouvelles économies". Son premier président, le socialiste Didier Migaud, en a exposé les principaux aspects lors d'un discours.

Si la Cour des comptes reconnaît un réel effort de redressement des comptes de la France, elle relève aussi de nombreuses facilités et arrangements avec la réalité qui permettent au gouvernement de boucler ses budgets. Ainsi, détaille-t-elle, la prévision de croissance de 0,8 % affichée pour cette année est exagérément optimiste et l'estimation des recettes fiscales escomptées "trop favorable".

La Cour des comptes appelle le gouvernement à maîtriser strictement les dépenses. Explications de Régis Lachaud

La Cour ne croit pas aux 3% de déficit fin 2013

Les économies programmées par le nouveau gouvernement socialiste sont, elles, "peu documentées". Quand elles ne découlent pas tout bonnement de décisions de la précédente majorité de droite, notamment de la règle, honnie à gauche, du non remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux...

Résultat: un déficit public "supérieur à 4,5% du produit intérieur brut (PIB) n'est pas à exclure" pour 2012, estime la Cour. Surtout, "l'objectif de déficit effectif de 3% n'a que peu de chances d'être atteint" en 2013, a prévenu son premier président.

Les explications de Véronique Julia

Une baisse "dans les prochains jours"

Aussitôt, le gouvernement a formulé une réponse. Le président François Hollande a clairement ouvert la porte à une révision à la baisse, "dans les prochains jours", de la prévision de croissance pour 2013. La plupart des économistes et institutions internationales tablent sur une économie plus proche de la stagnation.Pour autant, Bercy, dans sa réponse écrite à la Cour des comptes, "maintient ses objectifs de finances publiques" et notamment celui d'un déficit à 3 % cette année, qui, en cas de moindre croissance, nécessiterait un énième plan de rigueur.

Médecins et buralistes dans le viseur

Parmi les critiques de la Cour des comptes, on peut notamment citer les difficultés du système de santé français. La Cour indique que la restructuration des hôpitaux a été mal conduite. Et assure également que la mise en place du médecin traitant et du parcours de santé a en fait surtout permis... d'accroître les revenus des spécialistes.

Reportage de Stéphane Iglésis.

Quant aux buralistes, ils sont beaucoup trop aidés selon la Cour. Entre les aides historiques (en tant que profession agréée par l'administration) et les compensations mises en place en 2004 pour compenser la hausse du prix du tabac, ce seraient 300 millions d'euros qui partent en fumée chaque année depuis huit ans. Pourtant la profession ne se porte pas si mal, assure la Cour des comptes, qui parle de revenus augmentant "de façon soutenue" depuis six ans.

Un point de vue qui scandalise Pascal Monredon, président de la confédération des buralistes.

"A cause de François Hollande"

Le président de l'UMP, Jean-François Copé, estime que le rapport annuel de la Cour des comptes "confirme ce que l'UMP dénonce depuis des mois : la politique budgétaire de François Hollande est fondamentalement contraire aux intérêts de la France". Avant d'ajouter : "Dès lors, à cause de François Hollande, la crédibilité de la signature de la France est en cause".

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