L'entrée de la Cour des Comptes, rue Cambon
L'entrée de la Cour des Comptes, rue Cambon © Radio France

La Cour doit publier mercredi un rapport sur la gestion de Radio France. Un rapport très critique à l'égard de la Maison et dont les grandes lignes ont été dévoilées dès mardi.

La Cour des comptes aura choisi le bon moment – mardi 31 mars au 13e jour de grève - pour évoquer son rapport sur Radio France, un rapport consultable ce mercredi sur son site. Un texte très sevère sur la gestion passée de Radio France – la Cour remonte à 2000 – ainsi que des suggestions radicales pour redresser ses comptes.

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La Cour des comptes décrit une "entreprise en état de crise financière", en situation "critique". La présidence de Radio France tient, depuis plusieurs semaines, un discours comparable : un déficit de 21 millions, prévu pour cette année. Et une trésorerie qui devient négative, presque 290 millions à l'horizon 2019. La direction veut emprunter auprès des banques pour maintenir la trésorerie à flot. La Cour des comptes estime qu'il ne s'agira, en tout état de cause, que d'un expédient. Pour la Cour, c'est très clair : Radio France "en raison de la rigidité de ses coûts de fonctionnement", n'a pas été en mesure d'absorber la baisse de sa dotation publique, à partir de 2012. Des économies, sur les frais généraux, depuis trois ans, ont pourtant bien été réalisées.

"Défaillances inacceptables" dans la gestion

Concernant les travaux de réhabilitation de la Maison de la Radio, la Cour confirme ce que chacun sait : "le chantier a pris du retard, et ses coûts ont dérivé". "On s'achemine vers un doublement" de la facture, "qui fragilise les comptes de l'entreprise".

La Cour des comptes est sans pitié pour la gestion, au quotidien, de l'entreprise : des "défaillances qui ne sont pas acceptables", une politique des achats "chaotique". Les conseillers de la Cour s'en donnent à cœur-joie sur la gestion des Inspecteurs des Finances, souvent aux commandes de cette maison.

Côté programmes, si la Cour des comptes reconnaît la qualité des programmes, de l'information et l'audience des chaînes de Radio France, elle critique leur développement jugé "peu ordonné et dispendieux". Leurs budgets ont augmenté de 27%, depuis 10 ans, note la Cour, "sans recherche de coordination des activités, ni des moyens". Phrase qui a fait bondir à tous les étages de cette maison : les journalistes, par exemple, travaillent bien pour toutes les chaînes. La coordination est quotidienne, les moyens partagés.

Sur l'emploi, la Cour dénonce une hausse des effectifs, entre 2000 et 2011, de 14 %. Le nombre d'Equivalent Temps Plein (CDI ou CDD), n'a pourtant pas bougé à Radio France. L'explication vient donc, peut-être, du recours à l'intermittence "qui augmente depuis 2009", selon la Cour, et représentait 12% de la masse salariale en 2013.

Sur les conditions de travail qui, semble-t-il, font l'objet d'un long chapitre du rapport, à ce stade, la Cour se contente de parler d'un régime "favorable", mais dénonce un modèle social "complexe" : la "gestion des ressources humaines "doit être profondément modernisée". Radio France "se caractérise par un dialogue social intense, difficile voire conflictuel".

La Cour des comptes préconise la fusion des rédactions de France Inter, France Info et France Culture, immédiatement exclue par le PDG de Radio France Mathieu Gallet. À noter, les pics d’audience de France Inter et France Culture ont lieu sur les rendez-vous d’information.

La Cour des comptes préconise également la fusion des deux orchestres symphoniques et une éventuelle suppression de Mouv', la chaîne "jeunes" de Radio France.

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