L'Insee a indiqué ce vendredi que la dette de la France, fin juin, soit à la moitié de l'année 2018, s'établit à 99% du PIB, le produit intérieur brut. C'est un record pour notre pays, qui n'a pas d'incidence à court terme, mais menace l'avenir économique de la France.

En frôlant les 100 % du PIB, la dette publique de la France peut peser sur son économie future.
En frôlant les 100 % du PIB, la dette publique de la France peut peser sur son économie future. © Maxppp / Fred de Noyelle / Godong

Le seuil psychologique des 100 % de la dette se rapproche dangereusement. Un symbole qui peut avoir des conséquences réelles sur notre économie.

Frôler à ce point les 100 % de Produit intérieur brut (PIB) signifie que la dette équivaut aujourd'hui à tout ce que le pays produit comme richesse pendant un an ! C'est considérable, certes, mais c'est surtout le résultat d'un processus long, constant, avec des accélérations au fil des crises, en particulier celle engendrée il y a dix ans par la chute de Lehman Brothers.

À court terme, cette annonce de l'Insee ne va vraiment rien changer pour l'économie française. Mais à moyen terme, il faut surtout voir cette dette à 99 % du PIB comme une bombe à retardement : lorsqu'on est endetté, on rembourse ce que l'on doit avec des intérêts. Les taux d'intérêt sont bas depuis dix ans, c'est une chance, mais il se pourrait qu'ils remontent et que cela pèse davantage sur nos finances.

La Fed relève son principal taux directeur, la BCE pourrait suivre

Ce risque n'a rien d'impossible, cela a commencé aux États-Unis, et comme souvent, c'est souvent l'économie américaine qui donne le tempo. La Réserve fédérale (la Fed) vient encore de relever mercredi son principal taux directeur. Certains économistes s'attendent à ce qu'en Europe, la Banque centrale européenne fasse de même dans les prochains mois. 

Revoilà donc l'ombre de la dette qui plane au-dessus des économies européennes. Alors que les plans de sauvetage se sont achevés en Grèce cet été, l'Union européenne demeure fragile, notamment en Italie, deuxième pays le plus endetté d'Europe en 2017, après la Grèce, selon Eurostat, mais aussi au Portugal ou en Espagne.

L'Europe n'en a donc pas fini de se donner des sueurs froides avec les dettes souveraines, en particulier, comme il y a dix ans, dans les pays du Sud.

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