En grande difficulté financière depuis trois ans, la Deutsche Bank va lancer une structure juridique pour tenter de se débarrasser de 74 milliards de créances douteuses, accumulées depuis la crise financière de 2008.

Le siège social de la Deutsche Bank à Francfort
Le siège social de la Deutsche Bank à Francfort © AFP / BORIS ROESSLER / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE

Véritable institution européenne dans le secteur bancaire, la Deutsche Bank connait depuis trois ans de grandes difficultés financières. Après avoir déjà réduit son personnel en 2018, tenté une fusion en mars dernier avec la Commerzbank (une autre banque en difficulté), la plus importante banque allemande abat peut-être sa dernière carte. Elle a annoncé vouloir faire le ménage en supprimant 18 000 postes supplémentaires d'ici 2022 et créer une "bad bank", une structure de défaisance pour se débarrasser de 74 milliards d'actifs douteux.

Le grand ménage de la "bad bank"

"Banque-poubelle", "banque-hôpital" ou "bad bank", la structure de défaisance voulue par la Deutsche Bank est une structure juridique légale permettant à la banque d'isoler les actifs les plus risqués, en faire l'inventaire, les analyser et essayer d'en revendre ou en céder un maximum. Et il y en a beaucoup : 74 milliards d'actifs sont jugés risqués, majoritairement des produits financiers spéculatifs.

Accumulés depuis la crise financière de subprimes en 2008, la "DB" ne s'est jamais débarrassée de ces actifs malgré la surveillance de la BCE et des menaces d'amendes des autorités américaines, la banque allemande a accumulé les erreurs rapportent les analystes financiers. Entre 2012 et 2016, la Deutsche Bank avait déjà procédé de cette manière et recyclé 128 milliards d'euros d'actifs pourris.

Redorer l'image de la banque

Pour redresser la barre, le PDG du groupe Christian Sewing a aussi décidé de tailler dans la branche dédiée au marché. Le négoce d'actions coute cher au mastodonte allemand et rapporte peu. L'objectif : réduire les moyens et les effectifs dans ce secteur et se rediriger vers des secteurs plus stables et classiques : le dépôt et le financement d'entreprise. Une vaste restructuration qui passe par la suppression de 18 000 emplois et qui va couter à l'entreprise 7,4 milliards d'euros. 

Ces décisions vont-elles avoir un impact sur les marchés ? La Deutsche Bank espère se redonner une image de banque stable qui n'essaye plus de jouer au Goldman Sachs européen. Pendant une vingtaine d'années, la banque a tenté en vain de se développer sur le marché américain. Fini les rêves de grande banque internationale. Aujourd'hui, le but est de ne pas devenir, à son tour, la proie potentielle d'un concurrent étranger.

La Deutsche Bank en chiffres
La Deutsche Bank en chiffres © Visactu
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