Bulletin de paie
Bulletin de paie © MaxPPP/Le Républicain Lorrain/Julio Pélaez

Le gouvernement reçoit ce lundi un rapport sur la simplification du bulletin de salaire. Cette précieuse feuille peut contenir jusqu'à 50 lignes. Les salariés ne s'y retrouvent plus.

Bon nombre de salariés se contentent de regarder le montant net en bas de leur fiche de paie. Et pour cause : elle bat des records de complexité (trois fois plus de lignes qu'en Allemagne, aux Etats-Unis ou en Chine). A moins d'être un expert aguerri, difficile de savoir pour quoi on cotise, entre les taux, les montants à déduire, les indices et les sigles indigestes. Pour rendre de la clarté à ce sésame, symbole du travail accompli, la mission chargée par le gouvernement de simplifier les bulletins de salaires rend son rapport ce lundi, en présence de quatre ministres (Travail, Affaires Sociales, Finances et Simplfication).

Les explications de Delphine Simon du service économie de France Inter

Les recommandations

Afin de mieux comprendre "à quoi sert l'argent", la mission suggère d'établir "un référentiel des intitulés de paie" et de regrouper les cotisations et prélèvements par risque : santé, retraite, chômage. Par exemple, sous le titre "assurance santé", seraient inscrites à la fois la Sécurité sociale, la complémentaire et l'invalidité. Elle propose de maintenir deux colonnes (part de l'employé et part de l'employeur) et de mentionner aussi le montant total du salaire (salaire brut + cotisations employeur). Elle suggère également d'inscrire les allègements financés par l'État.

Autre sujet abordé, la dématérialisation de la fiche de paie, possible aujourd'hui avec l'accord du salarié, mais peu répandue (de l'ordre de 15%, contre 95% en Allemagne et 73% en Grande-Bretagne).

Jean-Chistophe Schiberras, président du groupe de travail sur la simplification du bulletin de salaire.

Une mesures pour clarifier, pas pour économiser

Le rapport ne chiffre pas le coût de la mise en place de ce nouveau modèle de fiche de paie. En revanche, il voit une source d'économies dans la suppression de l'obligation de notifier séparément le versement de l'intéressement et de la participation pour intégrer ces informations dans le bulletin.

Un bulletin dématérialisé coûte 10 centimes, contre 20 pour un bulletin papier et 42 s'il est affranchi. Toutefois, la mise en place de coffres-forts électroniques pour assurer une conservation des données pèsera aussi sur les coûts des entreprises.

Déjà du retard à l'allumage

Engagé depuis plus d'un an dans la simplification de la vie des entreprises, le gouvernement avait initialement annoncé un bulletin simplifié pour 2016. L'échéance a été repoussée. La mission propose trois étapes: une expérimentation par des entreprises volontaires en 2016, une mise en oeuvre dans les entreprises de plus de 300 salariés en 2017, puis la généralisation à partir du 1er janvier 2018.

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