En 2017, les placements dits "solidaires" ont atteint plus de 11 milliards d'euros. Un poids encore marginal, dans un secteur ou les encours sont plutôt 100 à 1 000 fois supérieur. Mais une forte progression, qui témoigne d'une adhésion plus grande des Français à une finance plus éthique.

Titi Floris, qui a bénéficié de fonds solidaires, propose des services de transport coopératifs Le transport coopératif pour tous les publics, y compris les moins aisés et les moins mobiles.
Titi Floris, qui a bénéficié de fonds solidaires, propose des services de transport coopératifs Le transport coopératif pour tous les publics, y compris les moins aisés et les moins mobiles. © Titi Floris

La finance solidaire, vous connaissez ? Pas évident, si l’on en mesure les fonds collectés en 2017 : 1,8 milliard d’euros, soit un peu moins que ce que les amendes sur les infractions routières ont rapporté l’an dernier.

Pour autant, le secteur, qui garantit aux épargnants que les placements qu’ils souscrivent contribuent au financement d'activités génératrices d'utilité sociale et environnementale, est en plein essor.

C’est la conclusion du baromètre annuel Finansol-La Croix, qui dresse chaque année un état des lieux de la finance solidaire. 2017 marque "la meilleure collecte jamais enregistrée par la finance solidaire", assure Frédéric Tiberghien, président de Finansol. Ce qui assure au secteur un encours qui, désormais, dépasse les 11 milliards d’euros.

Des garanties de transparence

Le nombre de souscriptions progresse fortement, avec 366 000 souscriptions supplémentaires, soit près du double de l’année précédente (+ 87 %). Ce qui témoigne d'une popularité plus grande du label. Conformément à l’objectif de la finance solidaire, ces fonds ont permis cette année de créer ou de consolider quelque 45 000 emplois, de loger 3 700 personnes, d’alimenter en énergie électrique près de 36 000 foyers.

Outre sa destination des fonds levés, la finance solidaire présente aussi une qualité commerciale non négligeable : les intermédiaires, banques ou assureurs, s’engagent à fournir à leurs souscripteurs une information fiable, régulière et claire sur le produit d'épargne labellisé. Finansol estime que plusieurs grands établissements financiers y ont désormais trouvé leur intérêt.

Une épargne "propre"

A commencer par ceux qui collectent l’épargne salariale, promue par la loi de modernisation de l’économie du 4 août 2008. Cette forme de placement – l’employeur propose à ses salariés de mettre de côté une partie de son salaire et y ajoute une participation – est de loin le premier placement de la finance solidaire, avec 7,38 milliards d’euros, en hausse de 18,9 % sur un an. 

Derrière, l’épargne bancaire prend aussi son envol. Si son encours n’est encore que de 3,62 milliards d’euros, il progresse de 18,7% en 2017. "C’est d’autant plus remarquable, note Frédéric Fourrier, responsable de l’Observatoire de la finance solidaire chez Finansol, qu’elle ne bénéficie pas des mêmes incitations réglementaires que l’épargne salariale solidaire."

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