Un quart des Français renoncent à se soigner, essentiellement pour des raisons financières. La Cnam veut généraliser un dispositif déjà en place dans une vingtaine de départements.

Un quart des Français qui fréquentent les centres d'assurance maladie renoncent aujourd'hui à se soigner
Un quart des Français qui fréquentent les centres d'assurance maladie renoncent aujourd'hui à se soigner © AFP / Cultura Creative/William Perugini

La Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) le reconnaît : plus d’un quart des assurés seraient concernés par des situations de renoncement aux soins, selon une étude menée dans 18 départements par l’Observatoire des non recours aux droits et aux services (Odenore).

Un nombre important de personnes en France, voient leur santé se dégrader faute de pouvoir avancer certains frais, faute de connaitre aussi les aides auxquelles elles ont droit.

Par exemple, seules 22% des personnes éligibles à l’Aide au paiement d'une complémentaire santé (ACS) avaient fait valoir leur droit en 2011. L'ACS est le dispositif d’aide financière pour favoriser l’accès à une couverture complémentaire santé des personnes dont les ressources sont légèrement supérieures au plafond d’attribution de la CMU.

La caisse nationale d'assurance maladie veut généraliser un dispositif déjà en place dans une vingtaine de départements

L'assurance maladie se propose d'aller elle-même chercher ces publics fragiles. L'expérience a été lancée dans le département du Gard il y a deux ans et demi et d'ici 2018, toutes les caisses devraient s'y mettre. Chacune d'entre elles va déléguer deux à trois personnes sur cette mission. Leur rôle sera d'abord de repérer ces patients, en interrogeant les mairies, les associations, les médecins.

Une fois identifiés, ces publics seront accompagnés 70 jours en moyenne. On va vérifier leur droits, voir s'ils sont éligibles à la CMU-C, la couverture maladie complémentaire gratuite, ou à l'aide à la complémentaire santé, car en fait beaucoup d'entre eux y ont droit mais ne le savent pas ou n'ont pas entamé les démarches.

On va chercher ensuite des professionnels de santé pas trop chers, demander aux mutuelles de faire un petit effort, chercher ici et là des aides financières de la commune ou du département. Si besoin, la caisse financera elle-même certaines dépenses en utilisant son propre fond social.

L'assurance maladie précise que les financements en jeu ne sont pas très importants, ce qui compte surtout c'est l'accompagnement humain de gens, souvent finalement perdus ou dépassés. Pour l'instant 10 000 personnes ont bénéficié de ce soutien et pour une grande partie d'entre eux, les renoncements concernaient des soins dentaires.

Dans la Somme, 30 000 personnes pourraient bénéficier de la CMU ou de l'ACS mais elles l'ignorent

C’était le cas de Jean-François Delettre, 50 ans, au chômage, sans mutuelle et avec de gros problème dentaires. Il habite Abbeville et a pu bénéficier de ce dispositif, qui existe déjà dans une vingtaine de départements, dont la Somme. La Caisse a pu trouver l'argent nécessaire pour qu'il soit soigné et l'a soutenu dans ses démarches. Avec une dentition correcte il pourra à nouveau chercher du travail, sans honte. Même soulagement pour cette jeune retraitée qui cherchait une aide pour son mari provisoirement édenté.

Celia Quilleret les a rencontrés. Écoutez son reportage.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.