L'Euro de football n'aura pas suffit à sauver la mise... Selon l'INSEE, le nombre de nuitées a reculé de 4,8% entre avril et juin,A par rapport à la même période l'année dernière.

Une patrouille de militaires devant la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre à Paris.
Une patrouille de militaires devant la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre à Paris. © Maxppp / Bruno Levesque

C'est le troisième trimestre consécutif que la fréquentation touristique est en baisse en France. Depuis les attentats de novembre, en somme. L'Euro de football et son flot de supporters n'auront pas suffit à sauver la mise : selon l'INSEE, le nombre de nuitée a encore reculé de près de 5% entre avril et juin, par rapport à la même période en 2015.

Au premier trimestre, la fréquentation touristique avait pourtant repris du poil de la bête, après le repli lié aux attaques de novembre 2015 à Paris. L'Insee avait même légèrement rehaussé sa première estimation à +1,1%.

Mais le tourisme a de nouveau souffert d'avril à juin, avec en particulier une baisse des clients étrangers dans les hôtels, campings et autres hébergements (-8,5%). Ce recul "plus important qu'au premier trimestre (-2,7%) est comparable à celui observé au quatrième trimestre de 2015, à la suite des attentats de novembre", note l'Insee . Les effets du terrorisme sur le tourisme français se sont encore amplifiés au troisième trimestre après l'attentat de Nice , qui a un peu plus freiné les étrangers.

Pour beaucoup de touristes, la ville de Paris est notamment devenue trop dangereuse. Michelle Mountyr est américaine, elle passe une semaine à Paris avec son mari et ses quatre enfants :  "Notre famille et nos amis avaient peur. Ils nous ont dit que nous étions fous d'aller à Paris et de risquer la vie de nos enfants. Dans leur tête il y a des islamistes qui se baladent en ville pour attaquer des gens".

Un Euro positif mais insuffisant

"La baisse en juin est plus modérée grâce notamment à l'impact positif de l'Euro de football dans les villes qui ont accueilli des matchs", analyse l'INSEE. Du côté des hôtels, seuls ceux situés dans les villes de province accroissent leurs nuitées (+1,5 %), "en partie grâce à l'attrait de l'Euro de football sur les clientèles française comme étrangère".

Contexte social difficile

En plus de la menace d'attentat, les grèves de la SNCF et des éboueurs, ou encore les inondations du printemps, ont contribué à cette baisse du tourisme : "Si l'été est si calme, c'est que les mois d'avril, mai, juin - au moment de ces événements - sont normalement la période où les gens font leurs réservations, assure Evelyne Maes, maître d'hôtel dans le 15e arrondissement. Donc les touristes n'ont pas réservé à Paris".

Et si Paris est plus touchée que les autres villes, c'est parce qu'elle attire une clientèle spécifique : "Il manque les clientèles américaines, asiatiques, et la clientèle du Golfe, habituée de l'hôtellerie de luxe. L'activité de certains établissements a chuté de 50% ! La situation ne peut pas continuer", s'alarme Hervé Bécam est vice-président de l'union des métiers de l'industrie hôtelière. Selon lui, la saison estivale n'a pas permis d'inverser la tendance. La baisse de fréquentation a continué en juillet et sur les deux premières semaines d'août.