Drapeau grec avant la visite du Premier ministre grec Alexis Tsipras au siège de la Commission européenne à Bruxelles
Drapeau grec avant la visite du Premier ministre grec Alexis Tsipras au siège de la Commission européenne à Bruxelles © REUTERS/Yves Herman

C'est la proposition choc de Valéry Giscard d'Estaing. Pour l'ancien chef de l'Etat, la Grèce ne s'en sortira qu'en dévaluant sa monnaie. De son côté, Athènes a officiellement demandé à ses partenaires européens une prolongation de 6 mois de ses aides financières.

Valéry Giscard d’Estaing avait soutenu l’entrée de la Grèce dans l’Union Européenne. C’était en 1981. En revanche, l’ancien président de la République a toujours été contre son entrée dans l’euro. Dans un entretien accordé au journal Les Echos, il milite aujourd’hui pour que la Grèce abandonne la monnaie unique. Du moins provisoirement. Selon VGE, Athènes et son nouveau gouvernement ne pourront pas s’en sortir avec une monnaie aussi forte. "La production de la Grèce ne peut redevenir compétitive avec le niveau actuel de l'euro. Par conséquent, elle n'est pas en mesure d'appliquer son programme économique, notamment la hausse du salaire minimum et l'extension des avantages sociaux.." Sauf que ni la Grèce, ni ses partenaires de la zone euro ne demandent une telle sortie.

"Un tel scénario obligerait la Grèce à faire défaut sur sa dette"

Invité d'Inter treize, l'économiste Benjamin Coriate n'est pas favorable à une sortie de la Grèce. Professeur à l'université Paris 13 et membre du collectif des économistes attérrés, il se dit très surpris de cette proposition de Valéry Giscard d'Estaing. "Sortir de l'euro signifie pour la Grèce de faire défaut sur sa dette. Car elle verrait sa dette augmenter de 20 à 30% à cause de la dévaluation. L'idée donc d'une sortie de l'euro en douceur n'est pas possible. Et cela aurait des conséquences sur l'ensemble de la zone euro".

Benjamin Coriate

Athènes veut l'argent mais pas l'austérité qui l'accompagne

De son côté, Athènes a demandé à ses partenaires européens la poursuite de son prêt. Une prolongation pour 6 mois. En revanche, pas question de soumettre ces aides financières à de nouvelles mesures d’austérité exigées par ses créanciers. Le gouvernement d’Alexis Tsipras s'engage tout de même à équilibrer son budget sous 6 mois. Athènes promet aussi d'engager un programme de réformes immédiates pour lutter contre l'évasion fiscale et la corruption.

Insuffisant pour Berlin mais pour Bruxelles, un compromis est possible

l'Allemagne a vite réagi et juge insuffisante la proposition d'Athènes pour obtenir la prolongation de ses aides financières. Pour le ministère allemand des finances, la demande de la Grèce ne répond pas aux critères fixés par la zone euro.

Bruxelles y voit en revanche un signal positif. Pour la Commission Européenne, les propositions envoyées par Athènes ouvrent la voie à un compromis.

Tout cela sera examiné ce vendredi après-midi par l'Eurogroupe. Tous les ministres des finances de la zone euro ont rendez-vous à Bruxelles vendredi à 15h. Un accord des 19 membres de la zone euro est nécessaire pour prolonger de 6 mois l'aide financière dont bénéficie la Grèce depuis 2012. Ce plan d'aide devait théoriquement prendre fin à la fin du mois.

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