la grève à la sncf entre dans sa deuxième semaine
la grève à la sncf entre dans sa deuxième semaine © reuters

PARIS (Reuters) - La grève à la SNCF est entrée mercredi dans sa deuxième semaine sans l'indice d'une sortie de crise, alors que les députés poursuivent l'examen du projet de réforme ferroviaire contesté par la CGT et Sud-Rail.

Le trafic restait perturbé, mais la direction de la SNCF signalait une amélioration mercredi sur les lignes Transilien, TGV et Intercités.

Sept TGV sur dix circulaient sur l'axe Est, deux sur trois sur les axes Nord et Atlantique, plus de quatre TGV sur dix sur l'axe Sud-Est et quatre sur dix sur les relations Province-Province.

Sur le réseau Intercités, un train sur deux est prévu en moyenne et six sur dix le sont sur le réseau TER, à l'exception de la Bretagne où le trafic est revenu à la normale. Six trains sur dix circulent en Ile-de-France.

Le taux de grévistes, dont certains se radicalisent, était tombé mardi à 14%, soit moitié moins qu'au début du mouvement, selon la direction de l'entreprise.

"Le droit de grève est un droit constitutionnel qui ne peut pas être pris dans des conditions qui aujourd'hui sont incompréhensibles pour une grande majorité de nos concitoyens", a dit mardi Manuel Valls à l'Assemblée.

Le Premier ministre défend une réforme "indispensable" tout en réaffirmant que le gouvernement est ouvert au dialogue.

"Ce gouvernement fait semblant parfois de comprendre ce qu'on lui dit, mais en bout de course, quand on regarde le projet de loi tel qu'il est déposé à l'Assemblée nationale, quand on regarde les propositions qu'on a pu faire, on s'aperçoit que pratiquement aucune de nos propositions n'a été prise en compte", a réagi mercredi Thierry Lepaon sur France Inter.

LA CGT APPELLE À LA NÉGOCIATION

"Tout a été fait de notre côté pour éviter ce conflit auquel nous avons dû recourir. Comment on en sort? On en sort par la négociation, c'est la seule solution", a ajouté le secrétaire général de la CGT, appelant à des négociations "véritables" avec la direction de la SNCF et l'Etat.

"Notre objectif, ce n'est pas d'avoir des gagnants ou des perdants", a assuré Thierry Lepaon.

Les syndicats grévistes souhaitent un retour à la situation d'avant 1997, soit un seul établissement public, et la reprise de la dette ferroviaire de 44 milliards d'euros par l'Etat.

Le projet de loi prévoit la création d'un groupe public industriel intégré nommé "SNCF" qui chapeauterait "SNCF Réseau", le gestionnaire d’infrastructure - l’actuel Réseau ferré de France (RFF) - et "SNCF Mobilités", qui exploitera les trains.

Quant aux revendications "sociales" des syndicats du rail (augmentations salariales, emploi, etc.), la direction de la SNCF les juge "hors sujet".

Les grévistes comptent poursuivre la mobilisation au moins jusqu'à la fin de la semaine.

L'examen du projet de réforme doit prendre fin jeudi soir. L'Assemblée se prononcera le 24 juin par un vote solennel et le Sénat devrait l'examiner à son tour en juillet au cours de la session extraordinaire du Parlement.

La réforme est soutenue par les socialistes, les radicaux de gauche et les écologistes. Le Front de gauche, opposé au texte en l'état, défendra une soixantaine d'amendements. L'opposition de droite est pour sa part divisée.

Le gouvernement entend appliquer la réforme au 1er janvier 2015.

(Sophie Louet avec Service France)

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