Auchan et Casino sont en pleines négociations. Les deux groupes espèrent parvenir à un partenariat stratégique dans les achats face à la montée en puissance de la vente sur internet. Et prendre une place dans un marché désormais mondial et très disputé.

La guerre numérique des supermarchés
La guerre numérique des supermarchés © AFP / acques DEMARTHON, Damien MEYER, Eric PIERMONT, Rémy GABALDA, Jean-Sebastien EVRA

Dans la jungle commerciale provoquée par l'arrivée d'Amazon.com ou d'Alibaba, les supermarchés traditionnels ont du souci à se faire. Les grandes manœuvres engagées pour faire face se poursuivent avec la contre-attaque d'Auchan et Casino, qui ont décidé d'unir leurs forces avec, précisent-ils, "leurs principaux fournisseurs multinationaux" et "dans le respect des règles de la concurrence".

Un projet de mutualisation des achats – le nerf de la guerre dans la distribution – qui, assurent les partenaires, "ne portera pas sur les produits frais traditionnels, agricoles ou de la pêche, ni sur les produits de  marque nationale des PME ou des entreprises de taille intermédiaire".

Une pierre de plus dans un édifice en construction active : une semaine plus tôt, Monoprix, filiale du second, a annoncé qu'il devenait le premier distributeur français à vendre ses produits via Amazon.com.

En novembre, c'était encore Casino qui concluait un accord avec Ocado, spécialiste du e-commerce alimentaire. Avec cet accord, le groupe accélérait sa progression dans le numérique en implantant dans la région parisienne la plateforme de distribution de ce groupe britannique.

Une réponse notamment à l'offensive de Leclerc en région parisienne, où le groupe devait lancer son service de distribution alimentaire.

Guerre de positions

Mais la bataille qui se joue est mondiale. En novembre encore, Auchan s'associait à Alibaba, le géant du commerce électronique, pour donner naissance à un leader chinois.

Il faut dire que les places se font rares et coûtent cher. Les distributeurs en ligne ne sont plus des proies mais des prédateurs. Ainsi Amazon a racheté la chaîne de magasins bio américaine  Wholefoods Market pour 13,9 milliards de dollars (11,3 milliards  d'euros).

De son côté, Carrefour vient à peine de rentrer dans la course. Le groupe a présenté fin janvier un plan de transformation sur cinq ans, avec pour objectif de se développer plus vite dans la sphère numérique. Une transformation – dans la douleur – qui passe par la Chine, où le distributeur s'associe au géant du numérique Tencent.

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