les abattoirs porcins bretons gad placés en redressement judiciaire
les abattoirs porcins bretons gad placés en redressement judiciaire © reuters

Le tribunal de commerce de Rennes a confirmé la suppression de 889 emplois et la fermeture de l'abattoir de Lampaul-Guimillau dans le Finistère. L'entreprise d'abattage de porcs GAD SAS, filiale du groupe coopératif Cecab pourra poursuivre son activité sur son autre site de Josselin dans le Morbihan où travaillent 600 personnes.

Le plan de continuation d'activité prévoit aussi la fermeture d'un atelier à Saint-Nazaire (67 salariés) et la suppression de 50 postes au siège du groupe près de Morlaix.

La dette des abattoirs bretons est évaluée à 108 millions d'euros et ramené dans le cadre du plan de continuation à 20 millions d'euros après l'abandon de nombreuses créances, notamment des banques et des pouvoirs publics. GAD SAS subit notamment la concurrence des abattoirs allemands à la main d'œuvre moins chère et la baisse de la production porcine en France. La société était en redressement judiciaire depuis février dernier. L'enjeu pour la direction était d'éviter la liquidation judiciaire.

Désespoir des 850 salariés de Lampaul

Les 850 salariés de Lampaul-Guimillau n'avaient pas beaucoup d'espoir. Ils bloquent leur site depuis une semaine. Plusieurs centaines d'entre eux ont formé aujourd'hui une chaîne humaine avec des élus autour de l'usine. Ils ont brandi de petites croix blanches en plastique et accueilli la nouvelle avec une minute de silence.

Isabelle Labeyrie était au côté des salariés de Lampaul quand ils ont appris leur licenciement

Des salariés qui dénoncent le montant des primes de licenciements, moins de 5.000 euros pour 20 ans d'ancienneté. _"C'est un véritable gâchis dû à la mauvaise gestion du groupe Cecab et à leur manque d'anticipation. Avant la fusion, il y a quatre ans, les sites de Saint-Nazaire et de Lampaul gagnaient de l'argent et l'abattoir Cecab de Josselin en perdait, mais c'est quand même nous qui disparaissons_ " a expliqué à l'AFP Pierre-Luc Lamy, délégué FO à Saint-Nazaire. 343 salariés pourraient être reclassés dans l'abattoir de Josselin dont l'activité va être renforcée. Environ 80 couples travaillent à Lampaul-Guimillau. Le bassin d'emploi offre peu de possibilités de reclassement dans la région. Beaucoup de sous-traitants sont également inquiets, la filière agro-alimentaire et notamment le groupe volailler Doux, connaissant de grandes difficultés.
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