Comme promis mercredi devant l'Assemblée nationale lors de la séance de questions au gouvernement, Jean-Marc Ayrault devrait dévoiler le contenu de l'accord conclu avec Arcelor Mittal au sujet du site de Florange. Le Premier ministre reçoit les syndicats aujourd'hui.

Le représentant CGT, Jean Mangin est bien décidé à poursuivre la lutte

Des syndicats qui parlent de "foutage de gueule" ou d'"enfumage" pour qualifier cet accord avec le géant indien de l'acier.

Cet après-midi, les syndicats entendent bien faire modifier le texte de l'accord. Et c'est donc une rencontre tendue à laquelle il faut s'attendre.

Marion L'hour, à quelques heures de la rencontre

ArcelorMittal s'est engagé à pérenniser le train de laminage à chaud de Florange (Moselle) mais mettra les deux hauts-fourneaux à l'arrêt en 2013. Et une fois la flamme éteinte, difficile et de la relancer. Difficile et surtout très coûteux. Y compris en cas de mis en oeuvre du projet Ulcos, ce projet de captation de CO2 pour une production d'acier écologique qui espère bénéficier de financements de la Commission européenne. Or Florange n'est pas le seul site en lice pour Ulcos. La Commission européenne doit faire son choix le 20 décembre prochain, parmis une série de projets.

Le contenu de l'accord avec Marion L'Hour

Selon des extraits de l'accord conclu vendredi entre le groupe et le gouvernement français publiés par lemonde.fr et Le Canard enchaîné, le géant de l'acier promet simplement de "ne pas démonter ces installations dans les six ans".

S'agissant des investissements de 180 millions d'euros qu'il s'est engagé à faire dans la "filière froide", notamment le "packaging", 53 millions auront un caractère stratégique.

"Tout cela finira dans la honte" dénonce Jean-Luc Mélenchon

Le reste sera "le flux d'investissements courants, les investissements de pérennité, santé, sécurité et progrès continu, et la maintenance exceptionnelle", à savoir des dépenses qu'ArcelorMittal aurait dû de toute manière effectuer à partir du moment où il a décidé de conserver ces activités, selon Le Monde.

ArcelorMittal s'est juste engagé à les maintenir dans un état qui permette le lancement, à une date encore inconnue, du projet européen Ulcos, une technologie qui permet une production d'acier plus écologique grâce à la captation du CO2 rejeté.

Le gouvernement enfumé

Jean-Marc Ayrault a indiqué que, sur les 150 millions d'euros déjà identifiés par l'Etat pour le développement d'Ulcos, "une grande partie ira tout de suite à l'investissement d'un démonstrateur nécessaire pour développer ce projet". Selon un extrait publié dans le Canard enchaîné, les hauts-fourneaux "seront mis sous cocon dans l'état actuel et compatible avec la perspective de réalisation d'un démonstrateur industriel Ulcos" sur un seul d'entre eux. "Le fonctionnement de toutes ces installations sera arrêté en toute sécurité à l'issue de la procédure légale", ajoute le texte, ce qui signifie que les hauts-fourneaux seront fermés après consultation du comité d'entreprise sans doute au premier trimestre 2013. La nouvelle devrait provoquer la colère des syndicats, pour qui ces installations, les dernières du genre en Lorraine, doivent être maintenues en veille pour éviter toute dégradation. Cité dans lemonde.fr, Edouard Martin le responsable CFDT de Florange, déclare que "si le contenu de cet accord s'avère exact, c'est enfin la démonstration que Mittal a enfumé le gouvernement.

"C'est du foutage de gueule", lance Edouard Matin de la CFDT

"Nous allons demander demain à Jean-Marc Ayrault si cet accord peut encore être modifié. Nous exigeons notamment que la chauffe des hauts-fourneaux soit maintenue jusqu'à la matérialisation du projet Ulcos", dit-il.

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