La capitale compte près de 113.000 chambres de service notamment dans l'ouest parisien. Très petites, plus de la moitié d'entre elles sont vides ou occupées illégalement

La Mairie de Paris veut utiliser les chambres de bonne
La Mairie de Paris veut utiliser les chambres de bonne © Maxppp / Le Parisien/ Aurélie Audureau

A Paris, la pénurie de logements et surtout de petites surfaces est bien connue. Les étudiants par exemple, n’ont pas vraiment d’autres solutions que le marché locatif privé puisque l'offre de chambres en résidences en résidence universitaire ne concerne que 1,9% du nombre d'étudiants qui n’habitent pas chez leurs parents.

C’est donc notamment pour eux, mais pas seulement, que la mairie de Paris veut utiliser les 114.000 chambres de bonne que compte la capitale. Des chambres qui sont souvent trop petites (moins de neuf mètres carrés) pour être proposées à la location, ou qui ne possèdent pas d’eau courante ou de toilettes. Ce qui n’empêche d’ailleurs pas certains de les louer tout de même…

Ian Brossat, l’adjoint au logement de la mairie de Paris explique : "Nous cherchons à activer tous les leviers pour produire de nouveaux logements. Là, nous avons identifié un gisement nouveau".

Ces chambres de bonne sont une particularité parisienne, les immeubles haussmannien en possédaient tous. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ces chambres de service sont surtout présentes dans l’ouest parisien, et particulièrement dans le XVIe.

Les chambres de service par arrondissement : 30%  de ces chambres se trouvent dans le XVIe
Les chambres de service par arrondissement : 30% de ces chambres se trouvent dans le XVIe © Apur

La mairie de Paris veut récupérer ces chambres de bonne pour les transformer en logements sociaux

Les chambres de bonnes continuent à se louer très chères malgré l'encadrement des loyers mis en place depuis l'an passé à Paris. Entre 300 et 400 euros en moyenne pour 10 mètres carrés à peine. Et parfois jusqu'à 800 euros par mois. Certains propriétaires ou marchand de sommeil profitent d'une demande toujours très forte.

Gabriel KIEHL est le président de la CLCV à Paris, l'une des principales associations de défense des locataires :
"C'est un marché captif car ceux qui prennent une chambre de bonne, n'ont pas le choix. Ils veulent avoir un toit sur la tête et neuf fois sur dix il n'y a pas de confort, des toilettes sur le palier, comme dans les années 50 ou 60. Ça n'a pas changé."

"Lutter contre l'insalubrité et utiliser les espaces vacants ou insalubres pour créer de nouveaux logements"

Ian Brossat, l'adjoint chargé du logement à la mairie de Paris détaille les deux priorités :
"La première chose c'est de mieux traquer les situations d'insalubrité en allant y compris jusqu'à l'expropriation".

La mairie va organiser des opérations "coup de poing" notamment pour informer les locataires de leurs droits et faire respecter les obligations légales

"Deuxième axe de bataille, explique Ian Brossat : aider les propriétaires pour leur permettre de faire de travaux de transformer ça en de vrais logements en échange quoi ils s’engagent ces logements en dessous des prix du marché". En contrepartie d'une subvention de plus de 14 000 euros, les propriétaires s'engageront à pratiquer des loyers modérés, de 20 % inférieurs au niveau du marché. "Notre objectifs c’est de rendre ces surfaces utiles pour que ces chambres soient occupés dignement parce ceux qui en ont besoin."

La mairie de Paris doit présenter son plan de bataille le mois prochain. Elle espère transformer au moins un millier de chambres de bonnes en logement social d'ici à 2020.

Pour commencer, la mairie va s'intéresser à celles appartenant à ses bailleurs sociaux. Elles seront libérées puis regroupées pour être transformées en HLM de type F 3. Un potentiel de 500 chambres a déjà été identifié par la Ville.

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