Ce n'est pas parce que le secteur est innovant technologiquement qu'il l'est aussi socialement. Les femmes dans le monde numérique sont sous et mal représentées.

Delphine Remy-Boutang, fondatrice de la Journée de la Femme Digitale
Delphine Remy-Boutang, fondatrice de la Journée de la Femme Digitale © JFD (libre de droits)

Le numérique sauvera-t-il les femmes de l'inégalité par rapport aux hommes ? Rien n'est moins sûr.

Le numérique, les réseaux, aident les femmes à organiser leur travail, leur vie, à faire marcher leurs réseaux. Selon l'étude du cabinet Roland Berger présentée lors de la Journée de la Femme Digitale à Paris, les hommes considérent qu'il n'y a pas de problème donc. Elles sont moins de 10% à diriger des entreprises numériques, moins de 27% dans les postes à responsabilités, mais où est le problème ? (Cette étude a été menée auprès de 3000 personnes, en Asie, France, Allemagne et Etats-Unis).

Delphine Remy-Boutang, fondatrice de la Journée de la Femme Digitale, veut rester confiante : "aujourd'hui, nous savons qu'en doublant la vitesse d'accession des femmes au digital, la parité progressera plus rapidement : 25 années gagnées pour les pays matures et 40 années gagnées pour les pays émergents".

Extrait de l'étude dévoilée lors de la Journée de la Femme Digitale 2017 à Paris
Extrait de l'étude dévoilée lors de la Journée de la Femme Digitale 2017 à Paris © Laurent Berger

Delphine Remy-Boutang : "Le numérique n'est pas juste une révolution technologique, mais une véritable révolution culturelle, métamorphosant littéralement les usages, les valeurs et les postures. Expérimenter compte plus qu'anticiper, savoir où chercher l'information est plus important qu'être expert (e). Partager est devenu le nouveau pouvoir."

Les femmes sont 75% à réclamer des quotas. Même dans les pays où ces quotas existent, elles sont pessimistes sur leurs possibilités d'évolution.

Les pionnières de l'informatique et du numérique

Ada Lovelace  mathématicienne  est souvent appelée "le premier informaticien" car elle a écrit un algorithme de Machine analytique de Charles Babbage, considéré comme l'ancêtre de l'ordinateur.
Ada Lovelace mathématicienne est souvent appelée "le premier informaticien" car elle a écrit un algorithme de Machine analytique de Charles Babbage, considéré comme l'ancêtre de l'ordinateur. © Domaine Public

Si la place des femmes dans l'économie numérique souffre encore de sexisme, elles ont leur place pleine et entière parmi les pionners.

La londonienne Ada Lovelace née en 1815 est présentée sur sa fiche Wikipédia comme « le premier programmeur du monde ». Disons-le franchement, elle fut donc la première programmatrice du monde. La légende de son portrait précise aussi sur Wikipédia qu' elle était "un mathématicien amateur et qu'elle est souvent appelé le premier informaticien". Là aussi, soyons folles, appelons-là "mathématicienne" et "première informaticienne".

Ada Lovelace apporta donc des solutions essentielles à Charles Babbage au moment de l'invention de l'ordinateur. Babbage conçut la première calculatrice en 1834 et essaya d'y introduire des cartes du métier Jacquard, pour donner des instructions et des données à sa machine. C'était un ordinateur mécanique, que son fils arriva finalement à faire fonctionner quelques années plus tard et donc imagina l'ancêtre mécanique des ordinateurs d'aujourd'hui.

Ada Lovelace a non seulement conçu les 400 calculs que la machine de Babbage éait capable de faire, mais elle a aussi décrit dans ses notes l'ampleur des potentialités de cette machine, pensant qu'elle pourrait par exemple composer des morceaux de musique de manière infinie, et d'une grande complexité.

Pour permettre à Babbage de poursuivre son oeuvre, Ada eut aussi l'idée d'essayer de gagner de l'argent en pariant sur les courses. Cela ne lui réussit pas malheureusement. Son nom n'a été reconnu qu'avec l'avènement de l'informatique à la toute fin des années 70.

Margaret Hamilton, ingénieur logiciel pilote de vol Apollo, dans le module de commandement Apollo.
Margaret Hamilton, ingénieur logiciel pilote de vol Apollo, dans le module de commandement Apollo. © Domaine Public

Margaret Hamilton a plus de chance avec Wikipédia qu'Ada Lovelace. Elle est bien qualifiée d' informaticienne et mathématicienne. Elle a été directrice du département génie logiciel du laboratoire qui a conçu le système embarqué du programme Apollo pour la NASA. Après avoir été pionnière en tant que femme dans un milieu d'hommes, en tant qu'informaticienne et conceptrice de solutions informatique, elle inventa le langage informatique USL en 1986. En 2016 elle a reçu la Médaille Présidentielle de la Liberté, la plus haute décoration civile des États-Unis.

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