Pour la 13e année consécutive, journaux et magazines voient leurs ventes diminuer en 2017, note l'Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM). Une tendance qui, plus que jamais, questionne les éditeurs sur leur modèle économique, à peine soutenu par la diffusion numérique.

Journaux et magazines ont encore vu leurs ventes diminuer en 2017 mais les grands quotidiens nationaux ont réussi à amortir cette baisse grâce au numérique.
Journaux et magazines ont encore vu leurs ventes diminuer en 2017 mais les grands quotidiens nationaux ont réussi à amortir cette baisse grâce au numérique. © AFP / Philippe Huguen

Décidément, le papier a du plomb dans l’aile. Pour la 13e année consécutive, journaux et magazines voient leurs ventes diminuer en 2017. Dans la presse grand public, dévoile l'Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM), le déclin s’est installé, à raison de plus de 3% de baisse annuelle depuis 2015.

Depuis 2004 pour les quotidiens, 2006 pour les hebdomadaires et 2007 pour les mensuels, la presse imprimée n’a connu aucun sursaut. Le nombre de journaux et magazines imprimés baisse chaque année. Certes, avec 3,2 milliards de périodiques sortis des presses en 2016, le secteur n’est pas mort, loin de là. Mais depuis une quinzaine d’années, il n’a jamais su retrouver une dynamique de croissance. Ni en termes de diffusion, ni en termes de chiffre d’affaires.

Les recettes en berne

Parce que si les volumes distribués baissent, les revenus suivent la même pente. Globalement, depuis 2004, ni le produit des ventes – malgré des hausses de prix sensibles, notamment dans la presse quotidienne nationale – ni les recettes publicitaires n’ont permis d’amortir le repli de la diffusion. Le chiffre d’affaires des ventes en kiosque et des abonnements a dévissé de 20% depuis 2004, tandis que le produit de la commercialisation des pages de pub a dévissé de 45%.

Signe d’espoir, pour l’ACPM, le numérique connaît des progressions remarquables. Mais quel numérique ? Les journaux et magazines en version PDF ont vraiment la cote. Les ventes de ces versions écran des journaux imprimés ont progressé de 42,3% en 2017, contribuant à amortir la baisse de diffusion des éditions papier. Enthousiasmant, mais pas suffisant : plus de vingt ans après l’arrivée d’internet en France, cette diffusion numérique ne pèse pas plus de… 7% du total.

À ce rythme, le changement de modèle économique ne devrait pas se produire avant plusieurs années, à supposer qu’il se produise. Et même si l’audience des sites web des journaux progresse elle aussi, de 11,2% en 2017, soit deux fois plus vite que l’année précédente, ces "nouvelles" ventes ne constituent pas le relais de croissance attendu par les éditeurs de presse. 

En effet, les formats numériques de la presse permettent d'économiser sur les coûts de diffusion, et parfois sur les coûts de production. Mais en aucun cas elles ne génèrent le même niveau de recettes que les versions "print". Les abonnements – Le Monde revendique 160 000 abonnés numériques pour l'année 2017 – ont toujours été bradés, en version imprimée ou sur le web. En revanche, les formats de pub numériques sont vraiment moins bien vendus que les pages de pub papier.

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