MULHOUSE LE 09/07/10 - CANICULE ETE CHALEUR OUVRIERS SUR UN CHANTIER
MULHOUSE LE 09/07/10 - CANICULE ETE CHALEUR OUVRIERS SUR UN CHANTIER © PHOTOPQR/L'ALSACE/Jean Paul Domb

La chaleur a comme on pouvait s'en douter, des effets négatifs sur la productivité des travailleurs. Plusieurs enquêtes très sérieuses viennent corroborer cette intuition. Dans le bâtiment, quand la température monte au-delà des 30 degrés, les entrepreneurs font souvent le choix de décaler les heures de travail. Sur un toit par exemple, un couvreur, au lieu de travailler de 8 heures à 16 heures, fera 6h-midi. La journée est raccourcie, on produit moins, on produit moins vite également. Patrick Liebus est couvreur, président aussi de la CAPEB , l'organisation professionnelle des artisans du bâtiment. Il l'a confirmé à Véronique Julia .

Ils font des pauses de 10-15 minutes, pas pour fumer une cigarette, mais pour s'humidifier un peu, boire... La vitesse d'exécution des tâches qu'ils font habituellement s'en trouve réduite.

Plus globalement, quand il fait chaud, on fatigue vite, on est moins concentré, on fait plus d'erreurs, on met plus de temps à réagir, bref nous sommes moins alertes au travail. Une étude datant de 2013 chiffre à 10% la perte de productivité des travailleurs exposés durant les pics de chaleur. Une autre enquête donne une conclusion à peu près équivalente : la productivité d'un jour donné déclinerait en gros de 2 % pour chaque degré supplémentaire au-delà de 25 degrés. De quoi se poser des questions face au réchauffement climatique, car cette baisse de productivité a un coût : en 2013 et 2014, la chaleur excessive et la baisse de productivité associées à l'absentéisme auraient couté à l'Australie près de six milliards d'euros . De quoi trembler, si les épisodes de canicule sont appelés à se multiplier.

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