manifestation de salariés de la redoute à lille
manifestation de salariés de la redoute à lille © reuters

Le conseil d'administration de Kering a retenu parmi les quatre offres de reprise celui de l'actuelle patronne de la Redoute Nathalie Balla et de son associé Eric Courteille. "Un projet industriel de long terme, pertinent et réaliste pour continuer la mutation" de l'entreprise de vente à distance selon le communiqué de Kering.

Cette cession sera finalisée au premier semestre 2014 pour un euro symbolique. Elle concerne aussi le réseau de livraison Relais Colis. Kering s'engage à recapitaliser l'enseigne nordiste pour assurer "une situation financière saine" . Le groupe de François-Henri Pinault s'engage aussi à aider à moderniser l'outil industriel et à couvrir les pertes des prochaines années.

Nathalie Balla dirige la Redoute depuis août 2009, Eric Courteille est le directeur financier et secrétaire général de Redcats, la filiale de distribution de Kering qui chapeautait l'enseigne. Dans le communiqué de Kering, les nouveaux propriétaires prévoient d'associer "l'ensemble des collaborateurs de la Redoute et de Relais Colis au succès de l'entreprise." Le projet " entend maintenir l'activité de La Redoute dans son bassin d'emploi historique et minimiser autant que possible ses conséquences sur l'emploi."

Ce projet l'a emporté face à la société foncière Altarea-Cogedim, au fonds américain The Gores Group ainsi qu'à un entrepreneur du Nord. Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg et Martine Aubry la maire de Lille avaient pesé auprès de Kering pour que le repreneur soit à même d'assurer la pérennité de l'entreprise.

700 suppressions d'emplois prévus

Au moins 700 suppressions de postes sont à prévoir dans l'enseigne nordiste comme l'avait laissé entendre Kering fin octobre. Le groupe devrait financer les mesures de reconversion des salariés. La Redoute emploie 2500 personnes en France.

Les syndicats sont prudents et disent attendre la feuille de route des repreneurs. " Il faut des garanties pour éviter d'avoir très vite une deuxième vague de licenciements (...) On attend le business plan" explique Jean-Claude Blanquart (CFDT) interrogé par Reuters. PourFabrice Peeters de la CGT, il faut "zéro licenciement contraint et des garanties de salaires sur la durée".

La maire de Lille Martine Aubry estime elle que Kering et les repreneurs devaient "prendre soin de l'avenir de chacun des salariés en les accompagnant fortement dans cette phaseessentielle pour l'entreprise" . Elle demande aussi au groupe "des engagements sur les600 millions d'euros demandés par les repreneurs et des informations sur les effets envisagés sur l'emploi" .

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Kering avait racheté la Redoute en 1994. Depuis 2001 et les cessions notamment du Printemps et de Conforama, le groupe se désengage de la distribution pour se recentrer sur le luxe et la mode sportive.

La manifestation prévue le 13 décembre est maintenue.

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