ayrault poursuit son opération déminage sur les retraites
ayrault poursuit son opération déminage sur les retraites © reuters

Après deux jours de concertation, Jean-Marc Ayrault a dévoilé sa réforme des retraites, projet le plus sensible de cette rentrée. La durée de cotisation passera de 41,5 à 43 ans. Des cotisations qui vont augmenter pour les patrons et les salariés.

Le Premier ministre devait annoncer et détailler très officiellement sa réforme en fin de journée... Mais le contenu était finalement sans surprise, après deux jours de "déminage" avec les syndicats.

Commençons par la bonne nouvelle : la CSG n'augmentera pas pour financer la réforme. La mauvaise nouvelle, c'est qu'elle sera en fait financée par une hausse des cotisations patronales et salariales de 0,15 points en 2014, puis 0,05 points en 2015, 2016 et 2017. Au total, une augmentation de 0,3 points en 4 ans.

Mais c'est surtout la durée de cotisation qui va augmenter. Fixée à 41 ans et demi d'ici 2020 par la précédente réforme, elle va en fait grimper un peu plus (41 ans et trois trimestres). Puis elle subira de nouvelles hausses successives, pour atteindre 43 ans en 2035.

La pénibilité prise en compte

L'avantage, selon le gouvernement, c'est qu'il n'y aura aucune baisse ou gel de la revalorisation des pensions des retraités. Les mesures annoncées doivent rapporter 7,3 milliards d'euros en 2020.

Des mesures difficiles mais nécessaires, selon le Premier ministre : écoutez son intervention.

L'autre point positif de cette réforme, c'est la création d'un compte pénibilité. Il sera mis en place à partir du 1er janvier 2015, et financé par les entreprises, plus précisément "par une cotisation minimale de toutes les entreprises et une cotisation de chaque entreprise tenant compte de la pénibilité qui lui est propre".

Ce compte doit ensuite permettre aux salariés travaillant dans des conditions difficiles de partir plus tôt à la retraite, ou de se reconvertir.

Afin d'apaiser les craintes du patronat qui redoute une perte de compétitivité, le gouvernement a aussi annoncé une réforme du financement de la protection sociale qui pèsera moins sur le coût du travail. Cette réforme, qui rappelle la TVA sociale votée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy mais abrogée par François Hollande, permettra d'éviter toute hausse du coût du travail en 2014, assure le gouvernement.

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