La grève continue à la SNCM
La grève continue à la SNCM © Reuters

La grève continue et s'envenime dans la compagnie maritime, une semaine après le début du mouvement. Une nouvelle assemblée générale des actionnaires, en présence de représentants de l'État (qui possède 25 % de l'entreprise) doit avoir lieu ce jeudi.

Il faut savoir arrêter une grève !

Non, la phrase n'est pas de Guillaume Pepy mais bien d'Olivier Diehl, le président de la SNCM. Tout juste nommé à la tête de l'entreprise pour tenter de l'empêcher de couler, le nouveau patron fait face à un blocage visiblement insoluble, et s'en inquiète.

La grève fait fuir nos clients, elle met à mal nos finances, elle favorise nos concurrents. Il ne faut pas se tromper de combat, elle rend service uniquement à ceux qui ont intérêt à nous voir sombrer ! Si elle se prolonge, nous rentrons dans un processus que nous ne contrôlerons pas et qui aboutirait à la liquidation.

Car l'image de la société pâtit déjà du mouvement lancé il y a une semaine. Depuis mardi matin, les salariés grévistes ont décidé d'occuper un navire de leur concurrent La Méridionale, qui devait en principe repartir pour Bastia. Inadmissible, pour la chambre de commerce de la ville corse, qui évoque "un service public bafoué". "La Corse est attaquée clairement", assure-t-elle dans un communiqué.

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Des négociateurs nommés et déjà contestés

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier, avait déjà rencontré lundi à Marseille les six syndicats de la SNCM impliqués dans le mouvement social. Dans la foulée, il a nommé deux hommes pour tenter de sortir de l'impasse : Gilles Bélier, vice-président du conseil d'orientation de l'emploi, comme négociateur ; et Louis Gallois, ancien président de la SNCF et d'EAD, comme "délégué interministériel chargé d'établir un plan stratégique de soutien aux compagnies de transport maritime françaises".

Cela n'a pas convaincu les salariés, qui ont voté à l'unanimité la reconduction de la grève.

Pour les vacanciers, le passage de Marseille à la Corse est compromis. Le reportage de Marie-Christine Lauriol

"C'est du foutage de gueule", s'agace le délégué syndical de la CGT Marins, Frédéric Alpozzo, qui s'interroge sur l'utilité "de nommer un coordinateur interministériel pour trouver un nouvel actionnaire à la SNCM alors que les conditions d'un nouvel actionnariat ne sont pas réunies".

Pour la CGT, la solution passe par le traitement des contentieux européens (la SNCM a déjà été condamnée à rembourser 220 millions d'euros d'aides publiques) et la sécurisation de la délégation de service publique (DSP) vers la Corse.

C'est la troisième grève depuis le début de l'année à la SNCM (les précédentes ont eu lieu en janvier et mars, et ont duré une semaine chacune environ). Mais ce nouveau mouvement, à quelques jours des départs en vacances, pourrait bien coûter cher à la société.

Les chiffres de la SNCM
Les chiffres de la SNCM © Radio France
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