[scald=36829:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Le seuil de déclenchement de la taxation "symbolique" sur les hauts revenus décidée par le gouvernement français pour résorber une partie du déficit public pourrait être abaissé lors de son examen au Parlement, a déclaré jeudi Gérard Larcher, le président du Sénat.

Le Premier ministre, François Fillon, a annoncé mercredi une série de mesures portant sur 12 milliards d'euros d'économies et de recettes supplémentaires pour 2011 et 2012 afin de tenir l'objectif de redressement des comptes publics français.

Le gouvernement a décidé d'une mesure "symbolique d'équité" en taxant les contribuables les plus riches.

Cette contribution exceptionnelle de 3% s'appliquerait aux revenus fiscaux de référence de 500.000 euros et plus et resterait en vigueur jusqu'à ce que le déficit public français soit ramené à 3% du produit intérieur brut (PIB) - fin 2013 selon les engagements français. Elle rapporterait 200 millions d'euros en 2012.

Un débat s'est instauré au sein de la majorité sur l'ampleur de la taxation, alors que Nicolas Sarkozy entend gommer son image de "président des riches" à huit mois de l'élection présidentielle.

Gérard Larcher a laissé entendre jeudi auprès de quelques journalistes que l'arbitrage de l'exécutif était ajustable lors des prochaines discussions parlementaires.

"On a une marge de manoeuvre assez grande. De toutes façons, on n'aura pas le choix", a dit le président du Sénat.

"Il faut impérativement tenir les objectifs, sinon il y a un vrai risque de décrochage avec l'Allemagne en 2013", a-t-il souligné. "On perd notre 'triple A' le jour où on décroche de l'Allemagne", a-t-il estimé.

La France prévoit de ramener son déficit public à 4,5% du PIB fin 2012 (après 5,7% en 2011), à 3% en 2013 et 2% en 2014.

Aussi, placer le curseur de la taxation à hauteur de 250.000 euros n'est pas à exclure, a expliqué Gérard Larcher. "Ça va faire partie de la marge de manoeuvre du Parlement", a-t-il dit.

Le député UMP Pierre Méhaignerie, président de la Commission des Affaires sociales de l'Assemblée, plaide pour une taxation à partir de 150.000-200.000 euros pour dégager "1,5 milliard d'euros de recettes".

Son collègue UMP Gilles Carrez, rapporteur général de la commission des Finances de l'Assemblée, évoquait pour sa part une taxe de 1% ou 2% sur les revenus dépassant un million d'euros.

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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