La plateforme Airbnb, qui a dépassé la barre des 10 millions de voyageurs accueillis par un hôte français depuis 2008, n'a payé que 69.168 euros d'impôts en 20115

La plateforme Airbnb n'a payé que 69.168 euros d'impôts en France en 2015
La plateforme Airbnb n'a payé que 69.168 euros d'impôts en France en 2015 © Maxppp / dpa/picture-alliance/Jens Kalaene

AirBnB a payé 69.168 euros d'impôts en 20115 c'est l'équivalent, à l'achat, d'une petite chambre de bonne à Paris. AirBnB réussit même la performance de payer moins d'impôts cette année que l'an dernier, alors que son activité  a explosé en France ces dernières années. L'Hexagone est même, après les Etats-Unis, son plus important marché.

Non, la plateforme ne fraude pas selon Nicolas Ferrary. Le PDG d'AirBnB s'en était défendu en mai dernier sur France Inter.

On paye les impôts sur les sociétés – on ne communique pas tous les chiffres – mais on paie des impôts en respectant ce que les règles fiscales nous demandent de faire

Pour se rémunérer la plateforme prélève des frais : 3% du côté de l'hébergeur et 9 % du côté du voyageur. Or l'an dernier, quatre millions de personnes sont passés par le site pour visiter la France. Le chiffre d'affaires d'AirBnB chez nous pourrait avoisiner les 65 millions d'euros. Mais une grosse partie de cette somme transiterait plutôt par l'Irlande où se situe le siège social européen d'AirBnB.

Du coup, la filiale hexagonale de la société ne s'occupe elle que du marketing et de la promotion de la marque dans le pays, une prestation pour laquelle elle a dégagé en 2015 un chiffre d'affaires de 4,96 millions d'euros et un bénéfice de 166.373 euros.

Selon Jean Merckaert, spécialiste fiscal pour l'ONG Sherpa le site joue sur le flou entourant la législationCe spécialiste qui attend une prise en main dossier par Bercy. Le ministère qui se garde, pour l'heure, de tout commentaire sur le sujet au nom du secret fiscal.

Airbnb et d'autres multinationales américaines comme Google, Amazon ou Facebook sont régulièrement accusées de vouloir échapper aux impôts en choisissant de s'installer dans des pays où la fiscalité leur est plus favorable et la lutte contre l'optimisation fiscale est devenue un cheval de bataille pour plusieurs capitales.

Le site a en revanche mis en place une collecte de la taxe de séjour, d'abord à Paris et à Chamonix l'an dernier, puis depuis le 1er août dans 17 autres villes françaises.