Le ministre de l'Agriculture se déplace en Normandie pour célébrer la coquille Saint-Jacques française, "la meilleure du monde".

Trop gourmands, les Français consomment cinq fois plus de coquilles Saint-Jacques qu'ils n'en pêchent
Trop gourmands, les Français consomment cinq fois plus de coquilles Saint-Jacques qu'ils n'en pêchent © Getty / Anfisa Kameneva / EyeEm

La coquille Saint-Jacques française deviendrait-elle un produit de luxe ? Considérée comme la meilleure du monde par tous les grands chefs de la planète, la coquille Saint-Jacques française ne représente pourtant qu'une goutte d'eau dans la production mondiale.

Pour soutenir sa production, le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert se rend ce samedi à Port-en-Bessin, dans le Calvados, pour "la fête de la coquille Saint-Jacques et des produits de la pêche"

La France pêche chaque année entre 20 000 et  25 000 tonnes de coquilles selon l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, la FAO, quand la Chine produit 1,29 million de tonnes annuelles, le Japon 570 000 tonnes, les États-Unis 220 000 tonnes ou encore près de 80 000 tonnes pour l'Argentine.

La pêche française, très réglementée, n'est autorisée que du 1er octobre au 15 mai, avec des tailles minimales de coquilles, selon les zones, et des quantités maximales fixées. Au point qu'elle ne représente qu'entre un quart et un cinquième de la consommation sur le territoire de ce coquillage très convoité.

La France consomme cinq fois plus qu'elle ne pêche

De fait, la France se retrouve à importer des produits surgelés, parfois gonflés d'eau et de sel ou encore des noix tout bonnement reconstituées, en provenance de Chine ou du Japon... Et même du Royaume-Uni.

La Saint-Jacques est d'ailleurs un sujet fréquent de discordes avec nos voisins : à l'automne 2016, les pêcheurs français ont accusé leurs confrères britanniques de venir pêcher la coquille Saint-Jacques trop près de nos cotes, en contournant les accords. 

Et depuis, le Brexit fait craindre l'effet inverse : en se séparant de l'Union européenne, le Royaume-Uni retrouve le contrôle de la pêche dans les eaux britanniques. A court terme, les pêcheurs qui se trouvaient dans la zone pourraient perdre 50 % de leurs profits. 

En mars dernier, ils avaient appelé à trouver un accord sur le sujet pour préserver l'exploitation des eaux britanniques, car le Royaume-Uni exporte bien plus qu'il ne consomme et ne dispose pas, seul, des capacités pour pêcher les volumes autorisés par les quotas de pêche.

En moyenne, entre 2011 et 2015, les bateaux européens ont pêché 700.000 tonnes de poissons et fruits de mer par an dans les eaux britanniques (pour une valeur de 530 millions de livres). A l'inverse, les navires britanniques ont débarqué 92.000 tonnes (pour environ 110 millions de livres) depuis les eaux du reste de l'UE chaque année.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.