Laurent Berger
Laurent Berger © Radio France / Anne Audigier

La CFDT, la CFTC et la CFE-CGC sont arrivés vendredi à un accord de principe avec le patronat, pour garantir l'avenir des régimes de retraites complémentaires. Pour le secrétaire général de la CFDT, les mesures auxquelles on est arrivés sont justes, car les efforts sont partagés. Une nouvelle session aura lieu le 30 octobre pour finaliser cet accord.

Pour inciter les salariés à travailler plus longtemps, le texte prévoit un système de bonus-malus pour les départs à la retraite qui ne dépend plus uniquement de l'âge mais aussi de la durée de cotisation.

A partir de 2019, dès lors qu'un salarié a 62 ans et une durée de cotisation de 41,5 ans, et donc qu'il peut partir avec une retraite à taux plein,s'il décide d'arrêter de travailler à 62 ans, il verrait sa retraite complémentaire amputée de 10% la première année, 10% la seconde et 10% la troisième , avant de récupérer une retraite à taux plein à 65 ans.En revanche, si le salarié travaille une année de plus, jusqu'à 63 ans donc, soit quatre trimestres de plus, ce malus serait annulé et des bonifications de 10, 20 et 30% seraient appliquées pendant un an pour les salariés restant en activité deux, trois ou quatre ans de plus.

En contrepartie, le patronat s'est dit prêt à accepter une hausse des cotisations patronales qui reste toutefois à chiffrer, et qui doit être compensée par une baisse des cotisations pour la branche AT-MP (accidents du travail - maladie professionnelle).

Invité ce matin de "On n'arrête pas l'Eco", Laurent Berger a défendu la position de son syndicat.

On a dit aux nouvelles générations qu'ils pouvaient compter sur les retraites complémentaires

Les caisses sont vides

Avec la crise économique, l'arrivée des papy boomers à la retraite et le chômage de masse, l'Agirc (caisse des cadres)et l'Arrco (caisse de tous les salariés du privé)ont vu leurs déficits cumulés se creuser à plus de 3 milliards d'euros en 2014.

Le régime des cadres (Agirc) est clairement en danger. Si rien n'est fait, ses réserves seront épuisées d'ici à 2018 et les cadres verraient ainsi leurs pensions complémentaires amputées de 11% dès cette date. La situation est moins critique pour les salariés du privé (Arrco), la caisse complémentaire aura épuisé ses réserves en 2027.

L'idée de fusionner les deux régimes Agirc et Arrco à l'horizon 2019 figure dans le projet du Medef. Elle permettrait aux cadres de profiter des réserves du régime de tous les salariés mais ne réglerait pas le probléme d'équilibre financier à long terme.

Les syndicats divisés

Si la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC ont accepté de signer cet accord de principe pour redresser les finances des retraites complémentaires, les négociateurs de la CGT et de FO ont estimé que ces propositions restaient inacceptableset ont quitté la négociation .

"Le projet d'accord acte de fait le report de l'âge de retraite et l'abaissement du niveau des retraites complémentaires", a déploré Eric Aubin (CGT) opposé à tout abattement. Pour Philippe Pihet (FO), les efforts sont supportés à "90% par les salariés et à 10% par les entreprises"

Pour le secrétaire général de la CFDT, beaucoup des difficultés que connaît aujourd'hui le dialogue social, sont liés aux acteurs de ce dialogue :

Il y a des organisations syndicales qui considèrent que quand on commence à parler avec un patron pour essayer à trouver des solutions quand il y a des difficultés dans une entreprise, une branche ou le pays, on commence à être un traitre. J’en ai assez !

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