De la viande de veau tricolore est attendue prochainement aux États-Unis. Une première depuis 1998, fruit d'âpres négociations avec, peut-être, des arrières-pensées politiques.

Privé de visa depuis 1998, le bœuf français est autorisé à revenir sur le marché du premier producteur mondial.
Privé de visa depuis 1998, le bœuf français est autorisé à revenir sur le marché du premier producteur mondial. © AFP / JEFF PACHOUD

Un embargo de dix-neuf ans

Janvier 1998, l’Europe agricole est prise dans une catastrophe sanitaire d’envergure. Des éleveurs voient leurs troupeaux décimés : l’ESB – encéphalopathie spongiforme bovine, ou « maladie de la vache folle » – a frappé. Pour éviter la contagion, les États-Unis, particulièrement frileux quant aux importations de denrées agricoles sur leur territoire, imposent un embargo sur les importations de viande bovine tricolore, notamment. Il aura duré dix-neuf ans.

L’annonce faite à Paris

C’est par un courrier reçu adressé le 12 janvier au ministère de l’Agriculture que Washington a levé ces restrictions. Autrement dit, pour les autorités sanitaires américaines, les systèmes de contrôle de production français et américains sont de nouveau équivalents.

Stéphanie Flauto, sous-directrice à la Direction générale de l'alimentation (DGAL), précise :

Les autorités américaines nous confient la vérification des contrôles, selon les standards discutés entre nous, et nous laissent la capacité d'agréer nous-même les établissements.

La route reste longue

En théorie, donc, les abattoirs et ateliers de découpe et de transformation français sont éligibles à l’exportation outre-Atlantique du bœuf ou du veau, sous réserve d’avoir été agréés par les autorités françaises (qui garantissent le respect de critères de lutte précis contre l’ESB mais aussi contre les différentes souches d’E.Coli. A ce stade, un seul abattoir en a fait la demande – et obtenu satisfaction – pour de la viande de veau.

Ils doivent encore, pour chaque lot expédié, disposer d'un certificat sanitaire. On n’entre pas facilement chez le premier producteur et exportateur de viande bovine.

Si un premier agrément a été accordé d'autres pourraient suivre mais en réalité, le marché potentiel est réduit.

Jean-Paul Simier, économiste spécialiste des questions agroalimentaires.

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Jean-Paul Simier

Par Maxime Debs

Donnant-donnant ?

Fin décembre, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) était le théâtre d’une nouvelle bataille entre l’Union européenne et les États-Unis. Elle portait sur… le bœuf américain aux hormones, dont la vente, source d’un contentieux commercial depuis 1989, fait justement l’objet d’un moratoire en Europe. Dans la filière, des voix s'élèvent déjà pour voir dans la rouverture des échanges le cheval de Troie des éleveurs américains.

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