Les plans de budgets d'après sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne sont dévoilés ce mercredi par Bruxelles, qui doit contenter à la fois les pays qui refusent une contribution plus élevée liée au Brexit et ceux qui refusent les coupes, notamment dans la PAC. Parmi ces derniers, la France est en première ligne.

Jean-Claude Juncker a présenté les orientations budgétaires de la Commission européenne pour la période 2021-2027 et propose notamment des coupes dans la PAC pour compenser le Brexit.
Jean-Claude Juncker a présenté les orientations budgétaires de la Commission européenne pour la période 2021-2027 et propose notamment des coupes dans la PAC pour compenser le Brexit. © AFP / EMMANUEL DUNAND

Le revenu des agriculteurs français pourrait baisser d'au moins 1,8 % (et jusqu'à plus de 5 %) après le Brexit, selon les calculs du think tank Farm Europe, cité par nos confrères de Terre-net.fr. En cause : la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, et donc la fin de sa contribution au budget européen.

La Commission européenne, qui a présenté ce mercredi les orientations du budget pour la période 2021-2027, doit prendre en compte le Brexit dans ses calculs et les pertes engendrées. En compensation, Bruxelles a plaidé pour une baisse d'environ 5 % des fonds alloués à la PAC et à la politique de cohésion de l'UE, consacrée aux régions les plus pauvres.

Il s'agit d'une "réduction modérée du financement de la Politique agricole commune et de la politique de cohésion, de 5% environ dans les deux cas, afin de tenir compte de la nouvelle réalité d'une Union à 27" après le Brexit, a fait valoir la Commission dans un document de présentation.

La France ne décolère pas

En réaction, la France qui est l'un des principaux bénéficiaires de la PAC, a fustigé la proposition qu'elle juge inacceptable. "Une telle baisse, drastique, massive et aveugle, est simplement inenvisageable" et "la France ne pourra accepter aucune baisse de revenu direct pour les agriculteurs", indique le ministère de l'Agriculture dans un communiqué.

Cette baisse fait porter "un risque sans précédent sur la viabilité des exploitations en impactant dangereusement les revenus des agriculteurs, pour qui les aides directes constituent un filet de sécurité essentiel", explique le ministère.

Le gouvernement défend "une modernisation et une simplification de la PAC pour protéger les agriculteurs face aux aléas climatiques et à la volatilité des marchés mondiaux, libérer le développement des entreprises agricoles et agroalimentaires, et accompagner la transition environnementale", selon le texte.

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