Le traité de libre-échange Union européenne-Canada (CETA), tout juste entré en application, compte encore de nombreux détracteurs...mais aussi quelques partisans.

Manifestation d'opposants au CETA devant le Parlement Européen de Strasbourg (Février 2017)
Manifestation d'opposants au CETA devant le Parlement Européen de Strasbourg (Février 2017) © AFP / PATRICK HERTZOG

Le traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada, le CETA, est entré en application provisoire ce jeudi dans sa quasi-totalité, en dépit d'une contestation persistante d'ONG et d'organisations professionnelles. La FNSEA, notamment, s'y oppose violemment, puisque le CETA prévoit, dans ce volet, des importation à droits de douane nuls au profit du Canada, pour les viandes bovines, porcines, pour le maïs ou le blé.

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Dans chaque famille politique, des opposants

En France, les opposants les plus intraitables se trouvent en majorité à gauche : au Parti Communiste, le combat contre le CETA a par exemple occupé une partie de la fête de l’Humanité cette année, où le texte a été présenté comme un accord ultralibéral qui détruira les normes sociales. Du côté de la France Insoumise, c'est l'un des mots d’ordre pour sa manifestation prévue le 23 septembre : le CETA est dénoncé comme un traité taillé sur mesure pour les multinationales.

Même son de cloche de l’autre côté de l’échiquier politique : le FN se positionne contre le traité, au nom de la défense de l’identité et de la souveraineté : deux notions capables de séduire une partie de la droite.

Un CETA pas vraiment climato-compatible

Chez les Verts, José Bové est un opposant historique au CETA : selon le député européen Europe-Écologie, ces accords ne seront pas sans poser de graves problèmes écologiques, comme l'apparition sur le marché de poissons transgéniques, l'utilisation massive des hormones dans les élevages ou encore des problèmes de production d'énergie, qui vont à l'encontre des décisions prises lors de la COP 21. Nicolas Hulot, qui dénonce lui-même la casse environnementale, apparaît ainsi comme un ministre minoritaire dans un gouvernement favorable au traité.

Au parlement européen, tous ces anti-CETA ont voté contre....même les socialistes, emmenés par Vincent Peillon, alors que le gouvernement Valls défendait le traité. Une recomposition politique plus tard, le PS tâtonne, s’inquiète désormais des tribunaux d’arbitrages privés et emboîte le pas des partis de gauche qui demandent sa suspension. Le CETA divise, au delà des camps et deux France se font face :ceux qui s'affrontent sur la question ne sont ni droite ni de gauche, mais pour une mondialisation libérale ou pas.

Le CETA, une bonne nouvelle pour le Medef

Pour certains néanmoins, le CETA apparaît en revanche comme un progrès considérable dans les relations économiques mondiales, un système inspirant pour les relations économiques à venir avec d'autres partenaires commerciaux.

Le commissaire européen à l'agriculture Phil Hogan, par exemple, estime que le traité est la réponse parfaite à la politique protectionniste des États-Unis.

En France, dans le BTP ou les transports ferroviaires, les grands groupes accueillent tout aussi positivement ce traité, qui ouvre plus largement les portes des marchés publics : avec le CETA, plus besoin de faire alliance avec des concurrents locaux pour remporter des appels d'offre au Canada. Le CETA, pour le Medef, est tout simplement une "bonne nouvelle" :

Le député européen Franck Proust (Groupe du Parti populaire européen), spécialiste du commerce international, interrogé par Quentin Dickinson, insiste : "C'est un traité d'une nouvelle génération".

L'époque de la naïveté de l'Europe est une époque révolue

C'est un traité qui signe "la fin des barrières douanières, pour l'ensemble de nos entreprises européennes, c'est près de 600 millions d'euros par an d'économisés pour nos exportateurs, c'est surtout la protection de nos indications géographiques protégées, c'est l'accessibilité - enfin - des marchés publics, sans compter la libéralisation des services, financiers, transports maritimes, télécommunication, énergie....Ces nouveaux contrats sont beaucoup plus vigilants sur le respect des normes européennes, sur l'aspect réciprocité".

Allant dans son sens, les producteurs de fromages, du Morbier au Roquefort, se frottent les mains, directement concernés par le volet sur les 145 indications géographiques protégées prévues dans le CETA.

Le traité apparaît enfin, pour l'euro-député Franck Proust, comme un modèle à suivre dans de prochains accords commerciaux :

Demain, c'est l'accord avec le Vietnam, Singapour qui sont en train de se finaliser, mais après-demain, c'est le Japon, la Nouvelle-Zélande, l'Australie

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