Les grands parcs d’attractions français vont-ils devoir fermer leurs portes au nom du principe de précaution ? Pourront-ils résister - comme les musée et les lieux touristiques - à la raréfaction des visites dues au coronavirus ?

Trois membres d'une équipe de maintenance à Disneyland Paris ont été détectés positifs au coronavirus
Trois membres d'une équipe de maintenance à Disneyland Paris ont été détectés positifs au coronavirus © Radio France / Philippe Lefebvre

Depuis la découverte, en fin de semaine dernière d’un cas de coronavirus chez un technicien de maintenance de Disneyland Paris, puis la confirmation ce mercredi de deux nouveaux cas dans la même équipe, la question de la possible fermeture des grands parcs d’attractions français au nom du principe de précaution est devenue d'actualité.

Pour le moment on n'en est pas encore là, explique le syndicat des entreprises de loisirs (SNELAC) qui regroupe les parcs d’attractions mais aussi d’autres lieux touristiques comme les musées, la tour Eiffel, ou le jardin d’acclimatation. Mais on reconnait que la situation est préoccupante. D’ailleurs une cellule de crise a été mise en place pour tenter de gérer la situation et surtout de répondre aux nombreuses questions des PME du secteur car on le sait peu mais 90% des entreprises de loisirs en France comptent moins de dix salariés.

La pression monte dans les parcs d'attraction 

À Disneyland Paris, on explique que les salariés touchés n’étaient pas en contact avec le public et qu’il n’y a donc pas de raisons de fermer le parc, mais la direction a pris la décision, ce jeudi, d’annuler les parades et spectacles extérieurs et ceci jusqu'au 15 avril. 

Une façon de retarder une possible fermeture dont on imagine combien la décision sera difficile à prendre pour l’entreprise américaine qui reçoit chaque année 15 millions de visiteurs de tous les pays du monde et qui emploie plus de 15 000 salariés, sans compter les 8 000 CDD qui viendront renforcer les troupes de l’usine à rêves durant le printemps et l’été prochain. Des salariés temporaires dont le recrutement est en cours.

Un peu plus au nord, à Plailly dans l’Oise, au parc Asterix, on est encore plus inquiet. En effet, le parc du petit Gaulois se trouve dans l’un des départements les plus touchés par le virus. Résultat, la direction de l’entreprise filiale de la Compagnie Des Alpes a décidé d’annuler toutes les privatisations du parc pour des entreprises et ce, jusqu’à la date officielle d’ouverture du lieu au public le 4 avril prochain.

Mais au-delà des décisions prises directement par les entreprises, les préfets des départements où sont implantés les parcs d’attractions ont la possibilité sur simple arrêté préfectoral d’ordonner la fermeture de ceux-ci. Une telle décision n’a pas encore été prise mais elle est redoutée pour tous les dirigeants de parcs ou de musées.

La baisse de la fréquentation a déjà touché les musée et les parcs d'attraction

Selon le SNELAC, la fréquentation de hauts lieux touristiques comme la tour Eiffel, la tour Montparnasse, le musée Grévin ou encore les musées Mayol ou Jacquemart-André serait déjà en baisse de 15 à 30%. Une diminution qui tombe mal car elle intervient au moment où ces entreprises préparent leurs investissements pour les deux prochaines années. Difficile donc dans ces conditions d’aller frapper aux portes des banques pour obtenir des financements. Une situation à ce point sensible que les parcs actuellement ouverts refusent de communiquer le moindre chiffre.

C’est donc peu dire que dans les parcs d’attractions l’heure est à l’inquiétude et il faudra beaucoup plus qu’un coup de baguette magique pour redonner le sourire aux fabricants de rêves.

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