Les ventes de voitures au gazole sont en chute libre. La part du diesel en Europe pourrait atteindre 5% du marché en 2030 contre 52% aujourd'hui. C'est l'estimation choc d'une nouvelle étude du cabinet de conseil AlixPartners, qui fait référence dans le monde de l'automobile.

Selon le cabinet AlixPartners, les ventes de voitures diesel ne représenteront plus que 5% du marché en 2030
Selon le cabinet AlixPartners, les ventes de voitures diesel ne représenteront plus que 5% du marché en 2030 © Maxppp / Pascal Bonniere

En 2015, le diesel représentait plus de 50 % du marché. C'était avant le Dieselgate, avant les restrictions de circulation dans les grandes villes, personne n'imaginait alors une telle sortie de route et pourtant... "On va se retrouver avec une part de marché du diesel autour de 25% en 2020, 15 % en 2025 et 5 % en 2030", explique Laurent Petizon, directeur chez AlixPartners. Ce cabinet de conseil a même revu ses "perspectives globales pour pour l'automobile de 2018" depuis l'année dernière tant le recul des ventes s'est accéléré.

Moins de diesel, plus de CO2

Moins de voitures diesel sur les routes, c'est une bonne nouvelle pour nos poumons mais pas pour le climat, car si le diesel émet plus de particules fines qu'une voiture essence, il relâche moins de CO2 dans l'atmosphère. Les constructeurs automobiles se retrouvent donc sous la menace de sanctions européennes pour non respect des nouvelles normes prévues pour 2021 (ramener les émissions de CO2 à 95 grammes par kilomètre). Pour être dans les clous, précise l'étude d'AlixPartners, il faudrait que la flotte européenne réduise d'environ 5 g de plus ses émissions de CO2. "Les amendes pour émissions excessives de CO2 vont bientôt rentrer en vigueur et peuvent représenter plusieurs centaines de millions d'euros par constructeur", rappelle Laurent Petizon.

Les constructeurs se retrouvent dans un entre-deux. La fin du diesel et l'augmentation du CO2 et de l'autre pas de solution prête aujourd'hui pour des véhicules qui émettent moins.

Car les solutions à long terme pour baisser les émissions de CO2 – voitures électriques ou à hydrogène – ne sont pas encore prêtes à inonder le marché. Le véhicule électrique ne représente que 2 % des ventes aujourd'hui. Il y a encore des obstacles en termes de coût, d'autonomie, d'infrastructures (l'accès aux bornes de recharge), sans compter la délicate question des matières premières. L'étude souligne ainsi que "d'ici à 2022, la demande en cobalt de l'industrie automobile devrait dépasser la production actuelle de ce métal".

Autre défi, convaincre l'automobiliste de rouler plus propre. Car si les émissions de CO2 dans le secteur du transport sont reparties à la hausse en Europe après des années de baisse, c'est aussi à cause de l'engouement  pour les grosses voitures, lourdes et puissante comme les 4x4 nouvelle génération, les SUV.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.