Le "crowdfunding" ou financement participatif continue son ascension impressionnante amorcée il y a quelques années. Selon le deuxième baromètre de la finance participative, paru ce jeudi, les fonds collectés ont augmenté de 44% entre 2016 et 2017.

Le siège de KissKissBankBank, à Paris
Le siège de KissKissBankBank, à Paris © AFP / Bertrand Guay

Faire financer ses projets par des particuliers, et non plus par des banques ? C'est possible, et cela est même de plus en plus souvent le cas, en France. Depuis plusieurs années, le financement participatif (ou "crowdfunding" en anglais) est en pleine expansion.

Selon les chiffres du baromètre annuel de la finance participative, publié par le cabinet KPMG et l'association Financement Participatif France, ce mode de financement a progressé de 44% en valeur entre 2016 et 2017. Au total, le crowdfunding a engendré 336 millions d'euros sur l'année 2017. Et le nombre de financeurs est lui aussi en nette évolution, avec désormais 3,9 millions de personnes qui participent à des campagnes de financement, contre 2,6 millions en 2016.

Tous les secteurs de l'économie désormais concernés

Sur une période plus longue, le chiffre est encore plus impressionnant : en 2013, la collecte de fonds auprès de particuliers avait permis de rassembler 36 millions d'euros seulement. Entre 2013 et 2017, la progression est donc de 828%.

Autre fait intéressant : ce modèle économique, que l'on a considéré à ses débuts comme idéal pour les start-ups et les artistes, s'étend désormais dans tous les domaines : le secteur économique rassemble 261 millions d'euros (dont 42% pour les projets immobiliers), là où le secteur culturel n'en collecte que 45 millions, et le secteur social 30.

"Cela montre que les particuliers financent l'économie, et la vraie économie. Cette année, nous avons identifié les structures qui sont financées : à 90%, ce sont des PME, TPE, start-up et entreprises de l'économie sociale et solidaire", selon Stéphanie Savel, présidente de Financement Participatif France. 

L'exemple de KissKissBankBank

Exemple de ce développement qui élargit de plus en plus le champ d'action : la plateforme KissKissBankBank, qui s'est développée dans le même sens. Si le site d'origine est né en 2009 et ne propose toujours que des dons (avec ou sans contrepartie), "en 2013 nous avons créé "Hello Merci" pour les projets personnels, sous forme de prêts non rémunérés", explique Romain Payet, directeur financier de KissKissBankBank. 

"Et en 2014 nous avons créé Lendopolis, sous forme de prêts rémunérés, pour financer tous les pans de l'économie que nous ne pouvons pas financer sous forme de dons, notamment les TPE et PME", ajoute-t-il. 

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