Manuel valls et Pierre Gattaz
Manuel valls et Pierre Gattaz © Francois Lafite/Wostok Press

Sauver la conférence sociale... Le Premier ministre lâche du lest pour s'assurer de la présence du Medef, de la CGPME et de l'Union professionnelle artisanale à la conférence sociale la semaine prochaine. Revue de concessions...

Le Premier ministre promet dans une interview publiée mercredi par les Echos d'aménager ou d'étaler dans le temps des mesures critiquées par les organisations patronales, qui ont menacé de boycotter la conférence sociale des 7 et 8 juillet.

Manuel Valls annonce notamment un report partiel de la mise en oeuvre du compte personnel de prévention de la pénibilité dans laquelle le Medef, la CGPME et l'Union professionnelle artisanale (UPA) voient une contrainte insupportable pour les entreprises.

Selon la CGPME et l'UPA, dont les présidents ont eu mardi une réunion avec leur homologue du Medef, Pierre Gattaz, pour arrêter une attitude commune, le Premier ministre doit confirmer mercredi par lettre des engagements verbaux. Sans attendre, Pierre Gattaz

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Manuel Valls constate dans Les Echos "une véritable focalisation" sur le mécanisme anti-pénibilité et dit ne pas vouloir que cela "cristallise les tensions". Il annonce qu'il demandera aux ministres du Travail et des Affaires sociales, François Rebsamen et Marisol Touraine, de réviser les projets de décrets "pour aller plus loin dans la simplification et la sécurisation du dispositif".

Ce dispositif devait initialement entrer en vigueur au 1er janvier 2015. Finalement, "l'année 2015 sera une année de montée en charge progressive : les facteurs de pénibilité les plus simples à mesurer seront pris en compte et moins d'un million de salariés seront concernés", précise le Premier ministre.

Valls demande aux patrons un "engagement réciproque"

Le gouvernement complètera la législation sur le temps partiel pour "écarter tout risque juridique quand des contrats de moins de 24 heures par semaine sont établis avec l'accord individuel du salarié", ajoute-t-il. Ce seuil de 24 heures est entré en vigueur ce lundi.

Manuel Valls s'engage également à donner "une visibilité complète" aux employeurs en matière de baisse du coût du travail et de fiscalité des entreprises - autre revendication du Medef. "Après avoir diminué de 6,5 milliards d'euros dès 2015, les prélèvements sur les entreprises seront réduits de 8 milliards en 2016 et d'environ 5,5 milliards en 2017", rappelle-t-il. A cela s'ajoutera la montée en charge du crédit d'impôt compétitivité (Cice) à hauteur de 20 milliards d'euros. Mais ces engagements "devront être réciproques", prévient Manuel Valls :

Le patronat ne peut pas être dans la surenchère permanente et dans l'attentisme.

Il reproche au Medef, première organisation patronale française, "d'ignorer les efforts énormes" du gouvernement et estime que "boycotter la conférence sociale serait un acte incompréhensible", car "on ne peut pas se plaindre de trop d'Etat et déserter le dialogue social."

La CGPME a été la première à s'interroger sur sa présence à la conférence sociale si le gouvernement ne revenait pas sur le mécanisme anti-pénibilité et le seuil de 24 heures par semaine. Selon Jean-Eudes du Mesnil, la CGPME annoncera dès mercredi si elle participe ou non à la conférence, après examen de la lettre du Premier ministre.Le Medef a aussi brandi la menace d'un boycott.

Les syndicats s'indignent

Invité de France Inter, Jean-Claude Mailly a dit "sa colère". Le leader de FO se pose même "des questions" quant à sa participation à la conférence sociale. "Il suffit que la patronat éternu pour que le gouvernement lui apporte la boîte à mouchoirs", s'indigne Jean-Claude Mailly. "Il cajole le patronat et tape sur les salariés."

Laurent Berger, lui, évoque une rupture du dialogue social. "Cette interview [de Manuel Valls] est une rupture en termes de dialogue social. Je prends ça pour une alerte très grave, un mauvais coup pour le dialogue social, c'est surtout un mauvais coup porté aux salariés qui sont exposés chaque jour à des situations pénibles".

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