Le président du syndicat mixte aéroportuaire a confirmé ce mercredi la décision du gouvernement d'abandonner le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Dans le local de l'Acipa, association opposée à l'aéroport, on attendait la décision mercredi matin
Dans le local de l'Acipa, association opposée à l'aéroport, on attendait la décision mercredi matin © Radio France / Sandy Dauphin

Le gouvernement abandonne Notre-Dame-des-Landes. Matignon a informé des élus locaux, peu avant une déclaration du Premier ministre Edouard Philippe à la sortie du Conseil des ministres à l'Elysée ce mercredi, à l'instar du président du syndicat mixte aéroportuaire (SMA), Philippe Grosvalet.

Une décision que désapprouve le SMA : "Par cette décision, il (Emmanuel Macron, ndlr) piétine les procédures et décisions de justice, il piétine nos collectivités locales, il piétine le vote des habitants."

De son côté, le sénateur LR Bruno Retailleau a dénoncé, furieux, la "grande victoire des zadistes".

L'écologiste et ancienne ministre Cécile Duflot a quant à elle salué l'abandon, "enfin".

Le Premier ministre, qui avait d'abord prévu une décision avant la fin de l'année 2017, a repoussé l'annonce après avoir reconnu, à huis clos devant les députés de La République en Marche, que l'ultime consultation d'élus, menée depuis début janvier, ne permettait pas davantage de faciliter la position du gouvernement. "Quelle que soit la réponse, elle sera mauvaise" car elle fera des mécontents, a-t-il admis.

Comme le préconisait le dernier rapport de médiation remis le 13 décembre dernier, l'alternative choisie est d'effectuer des travaux d'aménagement de l'actuel aéroport Nantes-Atlantique, avec un rallongement de piste, ainsi que la modernisation de celui de Rennes, a précisé Édouard Philippe en sortie de conseil des ministres, celui-ci axant également sur une complémentarité rail-air.

La zad évacuée

Les zadistes toujours présents sur place avaient été avertis de leur évacuation imminente, qui devait avoir lieu quelque soit la décision de l'exécutif. Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb avait ainsi précisé que la Zad sera "évacuée des éléments les plus radicaux", alors que la zone de 1 600 hectares est à ce jour occupée par 150 à 200 personnes.

L'option la plus probable est celle d'une forme d'ultimatum pour permettre aux volontaires de quitter les lieux, avant une intervention dans quelques jours, selon un proche du dossier.

Concernant la Zone à défendre (ZAD), le Premier ministre est ferme : "Nous mettrons fin à la zone de non-droit qui prospère sur cette zone". "Les agriculteurs expropriés vont pouvoir réintégrer les terres. Mais les occupants illégaux ont jusqu'au printemps pour évacuer la zone." 

Enfin, Edouard Philippe conclut en justifiant "une décision de raison et d'apaisement, une décision exceptionnelle", après avoir fustigé "l'indécision des gouvernements successifs".

Qu'ils soient pour ou contre l'aéroport, la quasi-totalité des élus locaux défendent son évacuation, cinq ans après le fiasco d'une première tentative en octobre 2012, l'opération César. Même si la priorité affichée par l'exécutif est d'éviter un drame comme celui du militant écologiste Rémi Fraisse tué en 2014 lors d'affrontements avec les forces de l'ordre sur le site d'un projet de barrage controversé à Sivens (Tarn).

Des renforts de sept escadrons de gendarmerie mobile, soit plus de 500 hommes, sont attendus mercredi sur place, selon une source proche du dossier, avec pour objectif de quadriller la zone et procéder à des contrôles afin d'éviter l'arrivée de civils dans la Zad.

Plusieurs compagnies de CRS seront, elles, à Nantes et Rennes afin d'assurer le maintien de l'ordre en cas de manifestations.  Le mouvement anti-aéroport s'est donné rendez-vous mercredi à 18h à "La Vache Rit", une grange servant de lieu de rassemblement en plein cœur de la Zad.

© Visactu
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