[scald=64647:sdl_editor_representation]par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Les membres du gouvernement multiplient les déclarations pour défendre leur action visant à conforter la note "triple A" de la France face aux doutes des marchés financiers et aux critiques de l'opposition sur leur gestion depuis 2007.

La pression sur la France se poursuivait mercredi, l'écart de rendement entre les dettes française et allemande se maintenant à des niveaux record, tout comme les assurances contre le risque de défaut, les Credit default swaps (CDS).

Le spread franco-allemand baissait légèrement à environ 180 points de base, restant à des niveaux inconnus depuis le début des années 1990, et le niveau des CDS dépassait 225 points, en nette hausse depuis début novembre.

A environ 3,6%, le rendement des emprunts français à 10 ans restait inférieur à son niveau d'avril, mais il a bondi de près de 50% depuis son plus bas de 2011 en septembre.

Le ministre des Finances, François Baroin, a assuré que la France tiendrait son objectif de réduction du déficit même si la croissance en 2012 était deux fois moins importante qu'espéré.

"Même à 0,5% de croissance, nous pourrions faire face", déclare-t-il dans un entretien aux Echos publié mercredi.

La France s'est engagée à réduire son déficit public de 5,7% du produit intérieur fin 2011 à 4,5% fin 2012.

Dévier de cette trajectoire, dans un contexte de net ralentissement économique, pourrait coûter au pays son "triple A", qui contribue à maintenir ses coûts d'emprunt à des niveaux avantageux.

"Nous avons ce 'triple A', nous mettons tout en ouvre", a dit François Baroin mercredi sur LCI. "Nous faisons tout pour conserver cette notation."

Les trois principales agences de notation donnent à la France la note maximale - 'triple A' avec perspective stable - mais l'une d'entre-elles, Moody's, a annoncé qu'elle évaluait la solidité de cette perspective.

PAS DE NOUVEAU PLAN DE RIGUEUR

Le gouvernement tente de démontrer que l'effort supplémentaire de 65 milliards d'euros d'ici à 2016 annoncé la semaine dernière sera suffisant pour redresser les finances publiques et réduire le déficit à 3% fin 2013, ce qui permettrait de stabiliser puis de baisser le ratio de dette publique par rapport au PIB. ()

Il assure qu'il ne prépare pas de nouveau plan de rigueur et souligne que 6 milliards d'euros de crédits seront mis en réserve l'an prochain, par précaution.

A près de cinq mois de l'élection présidentielle, majorité et opposition se renvoient la responsabilité des difficultés que connaît la France.

La gauche accuse la droite d'avoir creusé les déficits par des cadeaux fiscaux irresponsables, tandis que le gouvernement accuse les socialistes de porter préjudice à la France en soulignant la fragilité du "triple A".

"François Hollande, dans son rôle de candidat, ne sert pas les intérêts du pays en faisant entendre une petite musique qui nourrit tout simplement ce qu'il y a aujourd'hui dans la tête des spéculateurs", a dit François Baroin sur LCI.

François Fillon, a accusé mardi à l'Assemblée nationale le Parti socialiste d'avoir "choisi une stratégie de dénigrement qui pèse sur la France tout entière."

"Les porte-parole du Parti socialiste sont devenus les auxiliaires des agences de notation", a dit le Premier ministre.

François Hollande, candidat du PS à l'élection présidentielle du printemps prochain, avait déclaré vendredi : "C'est comme si nous étions déjà dégradés".

"Je ne souhaite pas que la note de la France soit dégradée. Je constate simplement que les marchés ont déjà anticipé", avait-il ajouté.

Edité par Patrick Vignal

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