Financement obsolète, problèmes non résolus dans les hôpitaux : le Premier ministre ouvre ce mardi un grand chantier pour refondre l'offre de soin en France. Des annonces qui ne devraient comporter aucune mesure à effet immédiat, mais de grandes lignes directrices pour les années à venir.

Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn
Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn © AFP / FRANCOIS GUILLOT

Matignon s'empare du sujet de l'offre de soins. Est-ce consécutif à la fronde qui gagne du terrain, entre les EHPAD et la pétition récente des médecins et cadres de santé des hôpitaux, contre la diète budgétaire et la course à la rentabilité imposées à leurs établissements ?

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Par Véronique Julia

Toujours est-il que le Premier ministre Édouard Philippe se rend ce mardi dans l'hôpital Simone Veil de Eaubonne, dans le Val d'Oise pour y lancer une refonte du système, une "transformation de l'offre de soins".

Il ne faut pourtant pas s'attendre à l'annonce de mesures radicales immédiates, Édouard Philippe va plutôt ouvrir un chantier de plusieurs années, en partant du constat que l'offre de soins et son financement aujourd'hui sont devenus obsolètes.

Un système de soin "à bout de souffle"

Professeure de médecine, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a fait toute sa carrière à l'hôpital. Avec sa connaissance du terrain, la ministre martèle depuis des semaines que notre système de santé est "à bout de souffle" : son organisation a été pensée à une époque où l'on avait essentiellement des maladies aiguës, des accidents et où l'on ne vivait pas très âgé.

Aujourd'hui, la population est vieillissante, les maladies sont de plus en plus chroniques et la prise en charge n'est plus la même. 

Par ailleurs, la médecine de ville et l'hôpital ne travaillent pas assez ensemble : l'hôpital est trop souvent la roue de secours, quand la permanence de soins n'est pas assurée en ville. L'hôpital qui souffre aussi d'un mode de financement qui l'étrangle et qui le contraint à faire du chiffre, au grand dam de ses soignants

Réduire les soins inutiles ou redondants

Un mode de fonctionnement et de financement qu'il faut donc revoir, repenser, tout comme le rôle des professionnels de santé, en déléguant des tâches, ce qui permettrait aux médecins de se dégager du temps.

Mais la délégation des tâches laisse sous-entendre des enjeux de formation à prendre en compte, le tout sans dépenser plus. Les experts de la santé parlent surtout de dépenser mieux, en faisant la guerre aux soins inutiles tels que les opérations évitables ou les examens redondants. 

D'après la ministre de la Santé, 20 à 30 % des actes pratiqués aujourd'hui ne seraient pas pertinents, mais bel et bien facturés et remboursés. L'un des chantiers présentés ce mardi par Édouard Philippe sera aussi de réduire ces abus.

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